Violence des jeunes à la hausse
Les cas de violence des jeunes débouchant sur des lésions corporelles ont triplé ces 15 dernières années. Sorties du week-end ou conflits relationnels débouchent toujours plus souvent sur des blessures, comme le montre une étude de la Suva, la Caisse nationale suisse en cas d'accident.
L’an dernier, le rapport «Violence des jeunes» publié par le ministère de Justice et Police indiquait que l’ampleur et l’évolution de la violence des jeunes ne pouvaient pas être appréhendées de manière fiable. Or une nouvelle étude atteste de la multiplication des cas de violence depuis le début des années 90, écrit la Suva lundi dans un communiqué.
Réalisée par son Service de centralisation des statistiques, l’enquête prend en compte l’ensemble des cas de lésions annoncés aux assureurs accidents entre 1991 et 2006, pour des personnes âgées de 15 à 64 ans
Pendant cette période, la fréquence des cas liés à des actes de violence s’est accrue de 88% pour les hommes et de 30% pour les femmes. Au total, le nombre de cas de blessures résultant d’une action violente déclarés aux assureurs-accidents a presque doublé, passant d’environ 5000 cas à 9300 cas.
C’est parmi les 15 à 24 ans que ces cas sont les plus nombreux. Le plus souvent, les hommes sont victimes de blessures lors de sorties en fin de semaine, tard dans la soirée, en plein air ou dans des établissements publics.
Quant aux femmes, elles subissent le plus souvent des lésions corporelles dues à des actes de violence dans le cadre privé. Toutefois, l’intensité de la violence s’accroît avec l’âge. Les blessures subies lors d’altercations ne deviennent fréquentes qu’à partir de l’âge de 17 ans, et les lésions corporelles graves augmentent dans les tranches d’âge moyen.
Ce constat est particulièrement net pour les femmes. Chez les 35 à 44 ans, 23% des décès de femmes relevant de l’assurance contre les accidents non professionnels sont imputables à la violence. «Tout donne à penser que, chez elles, une part considérables des lésions corporelles liées à des actes de violence résulte de conflits relationnels», estime la Suva.
swissinfo.ch et les agences
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