Thabo Sefolosha: «Je suis un chasseur de challenge, pas de bague»
(Keystone-ATS) Voici une semaine, Thabo Sefolosha a signé un contrat d’un an avec les Houston Rockets. A 35 ans, le Veveysan estime pouvoir rendre encore bien des services à une organisation de NBA.
La Suisse rêvait de voir Thabo Sefolosha et Clint Capela sous le même maillot pour représenter le pays, elle devra se lever durant la nuit pour assister aux matches des Rockets. En paraphant une entente d’un an avec la franchise texane pour le salaire minimum dû aux vétérans (2,5 millions de dollars), Thabo Sefolosha va entamer une 14e saison dans la meilleure ligue du monde. De retour en Suisse pour régler des affaires administratives (visas), le Vaudois s’est confié à Keystone-ATS.
«On a commencé à discuter cet été avec Houston, raconte-t-il. Mais les Rockets avaient des contrats de vétérans non garantis et je ne voulais pas accepter ces conditions. Pour ma famille, je voulais de la sécurité. Ils ont proposé que j’aille au camp pour se faire une idée et au final ça s’est fait. Houston était sur la liste des clubs intéressants et je leur ai montré que j’étais motivé et en forme physiquement.»
Avec Capela, Harden et Westbrook
Au Texas, Sefolosha va croiser quelques têtes connues. Clint Capela, bien évidemment, mais aussi James Harden et Russell Westbrook qui furent ses coéquipiers à Oklahoma City et qui ont vécu une finale NBA en 2012, perdue face à Miami. «C’est une façon de boucler la boucle, explique-t-il. Je suis heureux de retrouver ces gars à la fin de ma carrière, surtout pour un objectif comme le titre.»
En NBA, on aime parler de «ring chaser» (réd: chasseur de bague) pour évoquer ces joueurs qui se joignent à une puissante organisation dans le but de brandir le trophée Larry O’Brien, mais Thabo Sefolosha préfère une autre définition: «Je me vois davantage comme un chasseur de challenge plutôt que de bague. Je suis content d’avoir cette opportunité dans cette équipe, je ne me voyais pas faire partie d’une organisation en reconstruction où il s’agit de faire le mentor pour les jeunes.»
A Houston, Sefolosha va partager le parquet avec celui à qui il a donné l’envie de jouer en NBA. «C’est une jolie histoire pour la Suisse, souffle-t-il. Clint a eu un parcours similaire au mien. Je suis heureux de l’avoir inspiré, c’est aussi pour cette raison qu’on le fait.»
Une fin de carrière en Europe?
Avec les Rockets, Sefolosha va commencer une 14e saison au plus haut niveau. Sa dernière en NBA? Possible. Mais pas sa dernière en tout. Le Veveysan se voit bien continuer encore deux ou trois ans en jouant en Europe. Et en Suisse? «J’aimerais bien finir en Suisse, précise-t-il. A Vevey? Pourquoi pas! C’est là que je veux me poser une fois que tout sera terminé. Même si je conserve de solides attaches à Atlanta où l’on s’est beaucoup plu (réd: il est encore propriétaire d’un magasin dans la ville géorgienne). On va garder un pied là-bas parce qu’on s’est fait des amis.»
En rejoignant sa cinquième franchise, Thabo Sefolosha a fait vivre à sa famille un sacré voyage. «Avec ma femme on a essayé de garder nos deux filles le plus près possible de la «normalité», estime le Veveysan. Elles ont 10 et 11 ans et la chance de savoir parler l’anglais et le français. Elles ont clairement la mentalité américaine.»
Au sein de l’effectif de Mike D’Antoni, Thabo Sefolosha ne sait pas encore quel sera son rôle, mais il apprécie la philosophie de jeu de son nouveau patron: «C’est un entraîneur qui offre beaucoup de libertés à ses joueurs et j’aime ça. Je ferai ce qu’on me demande, peu importe mon temps de jeu. Tout ce que je sais, c’est que mes atouts défensifs seront utiles à ma nouvelle équipe et que je me réjouis d’être sur le parquet.»