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Un comité libéral soutient l'initiative pour une eau potable

Christian Wasserfallen (PLR/BE) plaide en faveur de l'initiative pour une eau potable, car "l'eau est notre bien le plus précieux" (archives). KEYSTONE/ANTHONY ANEX sda-ats
Ce contenu a été publié le 08 avril 2021 - 11:57
(Keystone-ATS)

L'initiative "Pour une eau potable propre et une alimentation saine" a les faveurs d'un comité libéral. Après les réticences du Parlement à réduire les pesticides dans l'agriculture, le peuple doit pouvoir se prononcer. La votation est prévue le 13 juin.

Le comité réunit des membres des Vert'libéraux et du PLR, bien que le parti libéral-radical recommande officiellement le rejet du texte. L'agriculture cumule d'énormes problèmes environnementaux, selon Tiana Moser, présidente du PVL, qui a convoqué jeudi la presse à Berne. Avec l'initiative, on met fin à l'immobilisme dans la politique agricole.

Pesticides, engrais à outrance et antibiotiques administrés à titre préventif ne seront plus subventionnés par l'Etat. L'initiative ne veut pas biffer les paiements directs, mais mise sur les incitations. Elle demande que les agriculteurs puissent toucher des paiements directs uniquement s'ils respectent diverses exigences écologiques.

Impact dramatique

"La Suisse ne peut pas investir des milliards dans l'agriculture si, dans le même temps, celle-ci pollue nos sols et nos eaux avec des quantités excessives de chimie", estime Tiana Moser. Durant les dernières décennies, un tiers des espèces d'insectes ont disparu dans nos prairies, une évolution dramatique", a-t-elle illustré.

Mais il n'y a pas que les insectes et les oiseaux qui sont menacés, les eaux sont aussi touchées. On peut y trouver de "véritables cocktails de poisons où quelque 80 substances toxiques différentes sont identifiées, selon la conseillère nationale. "Environ un million de personnes ont aujourd'hui de l'eau qui ne respecte pas les normes en vigueur".

Blocages au Parlement

Au Parlement, les solutions pour réduire l'utilisation des pesticides sont soit édulcorées, soit mises en veilleuse, soit rejetées. En mars dernier, il s'est montré très retenu à l'idée de contraindre les cantons à délimiter des aires d'alimentation des captages d'eau d'intérêt général jusqu'en 2035.

Le gel de la politique agricole PA22+, un projet vers une agriculture plus durable, est un autre exemple de la frilosité politique ambiante, selon le conseiller national Matthias Samuel Jauslin (PLR/AG).

Le lobby agricole fait tout pour bloquer le moindre petit pas vers une meilleure protection de l'eau, "un de nos biens les plus précieux", abonde Christian Wasserfallen (PLR/BE). L'initiative constitue dès lors un moyen de pression pour faire bouger les lignes.

Mise en oeuvre

Pour lui, il y a plusieurs chemins pour mettre en oeuvre le texte. Les nouvelles techniques agraires proposent des solutions, tandis que le consommateur a le choix des produits qu'il achète. Le Parlement pourra lui user de sa marge de manoeuvre pour mettre en oeuvre l'initiative. Le texte prévoit un délai transitoire de huit ans pour s'adapter.

Le Bernois précise rejeter catégoriquement l'autre initiative "pour une Suisse sans pesticides de synthèse", également soumise au peuple le 13 juin, mais bien trop excessive à ses yeux.

Les deux textes n'ont rien à voir: l'initiative pour une eau potable veut par des incitations rediriger les paiements directs vers les paysans qui opteront pour une agriculture écologique. La deuxième impose des interdictions, explique Christian Wasserfallen.

Un autre comité regroupant le WWF, Greenpeace, Pro Natura, Aqua Viva, les Médecins en faveur de l'environnement, BirdLife et la Fédération suisse de pêche (FSP) s'est aussi constitué pour soutenir l'initiative.

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