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Une mondialisation respectant les droits de l'homme

Les entreprises tirent un intérêt certain de la stabilité politique, rappelle Micheline Calmy-Rey.

(Keystone)

Les droits de l'Homme et le profit des entreprises ne sont pas contradictoires, a estimé la conseillère fédérale Micheline Calmy-Rey durant la conférence annuelle de la Division politique IV du DFAE.

La cheffe des Affaires étrangères en appelle à un partenariat équilibré entre la politique, l'économie et la société civile.

Les entreprises peuvent contribuer au respect des droits de l'Homme ainsi qu'à la prévention des conflits, a affirmé Micheline Calmy-Rey, vendredi à Berne.

«Il existe dans certains domaines une convergence d'intérêts entre l'économie et la politique étrangère», estime la cheffe du Département fédéral des affaires étrangères (DFAE).

Pour la ministre, «les entreprises tirent un intérêt certain de la stabilité politique dans les pays en développement, dans la mesure où elle crée des conditions favorables aux investissements et à la production».

«A travers sa politique étrangère, la Suisse s'engage en faveur de la paix, des droits humains et du développement, et contribue de la sorte à la stabilité politique, à la sécurité juridique et à la réduction des risques politiques.»

Et Micheline Calmy-Rey de donner un exemple. L'exemple du dialogue conduit avec la Chine depuis 15 ans, qui a aidé à la stabilité des conditions juridiques et permis l'installation d'entreprises suisses dans ce pays.

Pour un partenariat

En conséquence de son raisonnement, la cheffe du DFAE appelle à «un partenariat équilibré entre la politique, l'économie et la société civile».

Selon elle, l'introduction du Global Compact 1999 par le secrétaire général de l'ONU Kofi Annan est un premier pas important dans cette direction. Dans ce cadre, les entreprises s'engagent à respecter des standards sociaux et écologiques.

Micheline Calmy-Rey exhorte aussi les entreprises à réinvestir une partie de leurs bénéfices dans les domaines des droits de l'Homme et de la sécurité humaine sur leurs lieux de production.

Les gouvernements locaux n'ont souvent pas les moyens de mettre en place des mesures allant dans ce sens, relève-t-elle. Les lois du libre marché ne sont pas suffisantes, la corruption sévissant souvent jusqu'aux plus hauts niveaux de l'Etat.

Une société civile

L'influence que peuvent avoir les multinationales dans les pays de production n'est pas théorique. C'est ce qu'assure Gary Steel, responsable du personnel chez ABB.

La société en a fait l'expérience au Soudan, où elle a obtenu l'ouverture d'une enquête après l'attaque d'un partenaire sur place. Chez Nestlé, on évoque l'image positive qu'apportent les projets dans les pays pauvres.

La responsabilité augmente avec le chiffre d'affaires, affirme quant à lui John Ruggie, conseiller spécial du secrétaire général de l'ONU pour la question des droits de l'Homme et des entreprises transnationales.

Mais ce qui fait défaut, selon lui, c'est une société civile mondiale, comme il en existe au niveau national dans certains pays comme la Suisse.

Prompts à concrétiser

Le conseiller de Kofi Annan cite la Suisse en exemple, d'abord pour son appui précoce au pacte mondial (Global Compact) de l'ONU, mais aussi pour le soutien apporté à sa propre nomination.

«Assimiler la sécurité à la protection des individus et de leurs droits plutôt qu'à la protection de l'Etat n'est pas une idée neuve, explique John Ruggie à swissinfo. Mais les Suisses, comme certains autres pays, ont été prompts à l'appliquer à l'organisation de leur gouvernement.»

Le rôle des gouvernements et des entreprises est important en matière de droits de l'Homme. Mais le véritable fléau est ailleurs, juge pour sa part la coordinatrice des droits de l'Homme et de l'économie chez Amnesty International (AI).

Aux yeux de Danièle Gosteli Hauser, c'est en effet la pauvreté qui cause le plus grand mal.

swissinfo et les agences

Faits

John Ruggie a été nommé conseiller spécial de Kofi Annan pour la question des droits de l'Homme et des entreprises transnationales en juillet de l'an dernier.

Le Global Compact (pacte mondial) est une initiative internationale destinée à promouvoir les droits de l'homme, l'environnement, les conditions de travail respectueuses et à combattre la corruption. Elle a été lancée en juillet 2000.

Plus de 2300 entreprises ont signé volontairement ce pacte, dont 41 en Suisse.

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