«A Travers Lausanne» sous la baguette de Lance Armstrong
Le triple vainqueur du Tour de France traversera la ville de Lausanne. Soixante et un ans après Ferdy Kubler, il pourrait graver son nom et inscrire le mot fin à la dernière page du palmarès.
Mardi le public lausannois est invité à un dernier «A Travers Lausanne». Du moins dans sa formule actuelle. Dès la saison prochaine, la classique vaudoise s’incorporera au Tour de Romandie. Ainsi en ont voulu les édiles de la Ville et l’organisateur Marc Biver, directeur d’IMG suisse.
Ferdy Kubler, le premier vainqueur
En 1940, le monde a basculé dans l’horreur de la «Seconde Guerre mondiale». L’activité sportive est en veilleuse. Naît l’idée d’organiser une course cycliste à travers la cité du Major Davel. Cette première version est concoctée par les membres de la Pédale Lausannoise: rallier Ouchy à Sauvabelin en coupant la ville en deux.
Ferdy Kubler, à l’aube de sa carrière, remporte cette première édition, la première de ses six victoires (record absolu).
La paix étant revenue, en 1946 le peloton s’étoffe avec la venue des professionnels étrangers. Le grimpeur italien Fermo Camellini, Fausto Coppi, Jean Robic dit Tête de cuir et le Suisse Schaer gravent leur patronyme sur le palmarès. Le Zurichois sera le dernier à s’imposer.
La difficulté à obtenir des coureurs et le désintérêt des politiques avaient sonné le glas de l’épreuve.
Renaissance
Dix-huit ans plus tard, la Pédale Lausannoise fêtait ses 50 ans. L’occasion se prêtait pour relancer «A Travers Lausanne». Cinquante mille spectateurs ont assisté à la victoire de Raymond Poulidor. Ce fut également la fin de la formule initiale: une montée en ligne.
Dès l’année suivante une montée en ligne précédait une montée contre-la-montre. L’addition des deux temps désignait le vainqueur: Eddy Merckx. Mais une fois encore la classique lausannois allait (presque) mourir. Comme en 1949, un Suisse, Gody Schmutz, mettait un terme à ce deuxième volet.
Mais une fois encore «A Travers Lausanne» allait rebondir. Pour mieux mourir en ce dernier jour de juillet.
Armstrong, vainqueur potentiel
Pour cet au revoir Lance Armstrong, triple vainqueur du Tour de France, est convié à la fête. Faut-il considérer la présence du Texan comme l’arbre qui cache la forêt?
Les Italiens Wladimir Belli et Davide Bramati, les Espagnols Jose Luis Rubiera (un coéquipier d’Armstrong) et Daniel Atienza seront au départ. Les organisateurs auraient-ils voulu appâter la population hispanique et italienne de la région?
Pour compléter la liste des étrangers il a été fait appel à l’Américain Erik Saunders et à l’Australien Cadel Evans… Le cachet d’Armstrong – c’est un des rares critériums d’après Tour auquel il participera – réduit la marge de manœuvre.
Côté suisse, Daniel Schnider, vainqueur il y a douze mois, les frères Beat et Markus Zberg, le champion de Suisse Martin Elminger, Niki Aebersold, Laurent Dufaux et Armin Meier sont les principaux engagés.
Dès lors, Lance Armstrong et son vélo volant, comme l’a surnommé un journal français, devrait s’imposer. Sa démonstration dans les Alpes et les Pyrénées en font un vainqueur potentiel.
Cette dernière édition, du moins dans sa formule actuelle, se court en deux manches contre-la-montre. La seconde manche dans l’ordre inverse du classement établit au bout des 5150 mètres de montée, dont le mythique Petit-Chêne
Lance Armstrong dernier à inscrire son nom au palmarès? Soixante et un ans après Ferdy Kubler, ce serait du plus bel effet…
Pierre-Henri Bonvin, Lausanne
En conformité avec les normes du JTI
Plus: SWI swissinfo.ch certifiée par la Journalism Trust Initiative
Vous pouvez trouver un aperçu des conversations en cours avec nos journalistes ici. Rejoignez-nous !
Si vous souhaitez entamer une conversation sur un sujet abordé dans cet article ou si vous voulez signaler des erreurs factuelles, envoyez-nous un courriel à french@swissinfo.ch.