Affaire Bellasi : Adolf Ogi veut d’abord établir la vérité
Le ministre suisse de la Défense a confirmé mercredi aux autres membres du gouvernement sa volonté d'établir toute la vérité sur l’affaire Bellasi. Cela dit, Adolf Ogi ne veut pas tirer de conséquences avant d'avoir établi les faits.
Dans une interview publiée mercredi au quotidien zurichois NZZ, le chef du Département fédéral de la défense se défend d’avoir jamais ordonné la mise sur pied d’une armée secrète. Adolf Ogi qualifie les accusations portées par le principal inculpé, un ex-comptable du groupe de Renseignements, de «non crédible».
Le même jour, le conseiller fédéral a confirmé aux autres membres du gouvernement sa volonté d’établir toute la vérité sur l’affaire Bellasi. Cela dit, il ne veut pas tirer de conséquences avant d’avoir établi les faits.
Mon but, a expliqué Adolf Ogi, est d’établir tout la vérité. Mais il en appelle à la patience des journalistes et du public, car cela prendra plus de temps qu’on ne l’imaginait il y a peu encore. Les décisions qui s’imposent seront prises en connaissance des faits et de la portée de l’affaire.
Pas question pour le gouvernement d’envisager, comme certains milieux le réclament, la suppression du service de renseignements. Il est absolument indispensable pour le gouvernement et l’armée. D’autant que cette dernière est appelée dans le futur à assumer de nouvelles tâches, à l’étranger en particulier.
Afin de regagner la confiance du public, Adolf Ogi a ordonné de lever le voile sur un pan des activités du renseignement, par le biais d’un site Internet, comme cela se fait dans certains pays étrangers. Je veux introduire un peu de glasnost au Pentagone, a dit le conseiller fédéral. Ouverture limitée, bien entendu. «Si nous en faisions trop, nous perdrions nos sources d’information», a encore ajouté Adolf Ogi.
Une réforme du service de renseignement est à l’examen. Par ailleurs, l’organe parlementaire qui le contrôle a été chargé d’examiner les procédures et les risques dans les domaines administratifs et financiers, et des spécialistes
financiers ont été chargés d’analyser les risques dans le trafic de paiements de l’armée.
Après la découverte d’une cache d’armes, il y a une semaine, l’instruction a posé les scellés sur les bureaux des trois principaux responsables des services concernés et a procédé à une perquisition. Par ailleurs, toujours en rapport avec l’affaire Bellasi, l’attaché militaire à Budapest a été interrogé dans la nuit de mardi à mercredi et a regagné son poste mercredi.
Pierre-André Tschanz
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