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Au Proche-Orient, la Norvège plus dynamique que la Suisse

Au moment où le ministre suisse des Affaires étrangères Joseph Deiss est en Jordanie, son homologue norvégien Thorbjorn Jagland mène une activité intense en Israël. De passage à Jérusalem, le professeur bâlois Georg Kreis, lui, constate que, dans la région, la diplomatie norvégienne est plus dynamique que la suisse.

Directeur de l’Institut d’Etudes Européennes de l’Université de Bâle, Georg Kreis donne actuellement une série de conférences en Israël sur l’attitude de la Suisse face à l’Union européenne. Et, il en a profité pour faire une première évaluation de la diplomatie helvétique.

Ses propos tombent à pic. Puisque Joseph Deiss, en visite à Amman, doit s’entretenir avec son homologue jordanien Abdel Ilah Khatib de relations bilatérales et de la situation régionale. Mais, il ne serait nullement question d’une médiation de Berne dans le conflit du Proche-Orient.

En revanche le ministre norvégien des Affaires étrangères Thorbjorn Jagland, reçu mercredi par le Premier ministre Ariel Sharon, s’est montré beaucoup plus engagé. Il a rappelé le rôle de son pays dans le processus de paix israélo-palestinien et soutenu publiquement les recommandations de la commission Mitchell sur le gel total de la construction dans les colonies de peuplement.

Ces différences d’approche, le professeur Kreis – également membre du comité rédactionnel de la revue suisse Relations Internationales – les considère comme symptomatiques de la vision que chacun de ces deux pays européens a de son avenir sur la scène internationale.

«Dans l’image que la Suisse se fait d’elle-même, dit Georg Kreis, la médiation est un élément important qui justifie la neutralité. Mais cette neutralité est aujourd’hui surtout passive, isolationniste. Cette attitude s’explique en partie par la timidité, voire le refus des Suisses de prendre des risques».

Dans ce comportement, dit-il, «l’on voit que la neutralité suisse n’est plus vraiment au service de la communauté internationale. Le fait que la Suisse ne soit pas membre de l’ONU joue en sa défaveur, étant donné que maintenant de nombreuses médiations commencent au sein de ce forum international. La Norvège, quant à elle, est très active aux Nations unies».

Georg Kreis regrette aussi que les militaires suisses ne participent pas aux forces onusiennes de maintien de la paix à travers le monde. «Nos troupes auraient pu acquérir de la sorte de l’expérience…», dit-il. Par contre il se félicite de la présence de Suisses dans le corps des observateurs internationaux à Hébron (Cisjordanie).

Ce corps d’observateurs est patronné par la Norvège. Et le professeur Kreis de souhaiter que la Suisse devienne un Etat comme un autre «moins neutre peut-être, mais plus engagé dans le monde».

Serge Ronen, Jérusalem

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