La Suisse et Israël recollent les morceaux
Le chef de la diplomatie israélienne Sylvan Shalom effectue une visite de travail lundi à Berne.
Un déplacement qui intervient en pleine affaire des tirs israéliens contre le véhicule du représentant suisse auprès de l’Autorité palestinienne.
La visite avait été annoncée le week-end dernier par la NZZ am Sonntag. Confirmant l’information, le service de presse du Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) a précisé la semaine dernière que M. Shalom répond à une invitation de Micheline Calmy-Rey.
Au programme des discussions entre la conseillère fédérale et M. Shalom figurent les relations bilatérales et la situation au Proche-Orient.
Mais l’affaire des tirs israéliens en mai dernier contre le véhicule de Jean-Jacques Joris, le représentant suisse auprès de l’Autorité palestinienne, figurera certainement au menu des entretiens.
Cet incident, qualifié de «grave» par Berne, a provoqué depuis lors quelques tensions entre les deux Etats.
Un incident «grave»
Cet incident, qualifié de «grave» par Berne, provoque depuis lors quelques tensions entre les deux Etats.
Rappelons que le véhicule de Jean-Jacques Joris avait été pris pour cible le 26 mai à un check-point du nord de la bande de Gaza par un militaire israélien. Deux balles avaient été tirées coup sur coup en direction du pare-brise du véhicule blindé du diplomate suisse.
Berne a délivré une note de protestation aux autorités israéliennes, demandant des explications. Il aura fallu deux mois à l’Etat hébreu pour mener son enquête au sein de l’armée et adresser sa réponse à Berne, le 30 juillet dernier.
Le contenu de cette dernière, dont rien n’a encore été communiqué, est toujours examiné par les services du DFAE.
Un «faucon» du gouvernement Sharon
Selon les milieux diplomatiques israéliens, cette affaires ne devrait pourtant pas assombrir la visite de M. Shalom à Berne. «Les relations entre les deux pays sont bonnes», a indiqué à l’ats l’ambassadeur d’Israël en Suisse Yigal Antebi.
Sylvan Shalom, 44 ans, est en poste depuis février dernier. Ce baron du Likoud (le parti du premier ministre israélien Ariel Sharon), ancien ministre des Finances, est considéré comme un «faucon».
Les ONG montent au créneau
Les relations bilatérales et la situation au Proche-Orient seront aussi évoquées lors de ces discussions. Par voie de communiqués, des organisations non-gouvernementales (ONG) ont prié la conseillère fédérale de faire part de leurs revendications à son homologue israélien.
Ainsi, Mme Calmy-Rey doit exiger qu’Israël respecte le droit international et commercial, selon la Société pour les peuples menacés. L’ONG reproche à Israël de ne pas déclarer correctement des marchandises fabriquées ou produites dans les colonies juives des territoires palestiniens.
De son côté, la Coordination nationale de solidarité avec le peuple palestinien veut que la cheffe de la diplomatie helvétique demande l’application stricte de la 4e Convention de Genève et des résolutions de l’ONU par Israël. L’ONG a aussi demandé à la Suisse de cesser sa coopération militaire avec Israël.
swissinfo et les agences
Le 26 mai dernier, le véhicule de Jean-Jacques Joris, représentant suisse auprès de l’Autorité palestinienne, avait essuyé deux balles israéliennes à un check-point du nord de la bande de Gaza.
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