Mission délicate pour Joseph Deiss au Proche-Orient
Le chef de la diplomatie helvétique entame dès vendredi une visite en Israël et dans les territoires palestiniens. L'occasion pour Joseph Deiss de réaffirmer à l'ensemble de ses interlocuteurs le rôle central de la Suisse sur le terrain du droit international humanitaire.
La Suisse est en effet dépositaire des Conventions de Genève. C’est à ce titre qu’elle a reçu récemment une demande provenant des pays arabes et des pays non-alignés.
Ces derniers souhaitent la convocation d’une nouvelle réunion des pays signataires des Conventions de Genève. Objectif: discuter de l’application de la quatrième convention, garantissant la protection des civils pendant les conflits armés, dans les territoires palestiniens occupés.
Dans ce contexte, le déplacement de ministre suisse des Affaires étrangères prend l’allure d’une mission exploratoire. Il s’agit, entre autres, pour Joseph Deiss d’évaluer les positions des Israéliens et des Palestiniens sur la question.
La Suisse avait déjà appelé en 1999 à la réunion de cette conférence à Genève suite à une résolution adoptée par l’assemblée générale des Nations unies.
Mais la diplomatie suisse a dû recourir à une astuce pour éviter l’opposition des Américains, des Israéliens notamment. Il s’agissait alors de ne pas embarrasser Ehud Barak, qui venait d’être élu Premier ministre, pour faire la paix.
L’astuce helvétique a permis l’ouverture de la conférence, en octobre dernier pendant quelques minutes, puis la levée de la séance, avec la promesse de se réunir à nouveau, si les conditions l’exigent.
Aujourd’hui, il semble que ces conditions sont réunies. Avec d’un côté les Israéliens qui refusent tout dialogue avec les Palestiniens avant l’arrêt total de la violence. Le nouveau gouvernement d’Ariel Sharon n’entend pas poursuivre la politique des travaillistes et cherche un nouvel accord intérimaire.
De l’autre côté, les Palestiniens refusent de mettre fin à l’Intifada avant la reprise des négociations. Dans ce contexte de blocage, la diplomatie suisse peut jouer un rôle.
Mais Joseph Deiss abordera d’autres dossiers bilatéraux avec ses interlocuteurs. Ainsi les relations entre Berne et Tel-Aviv sont dans l’ensemble excellentes. Malgré un différend relatif au bureau de la représentation suisse auprès de l’Autorité palestinienne.
Quant aux relations avec les Palestiniens, elles sont également bonnes. Ces derniers ont reçu plus de 500 millions de francs sous forme d’aide au développement ou à des projets humanitaires et de formation.
Mohamed Chérif
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