La voix de la Suisse dans le monde depuis 1935
Les meilleures histoires
Démocratie suisse
Les meilleures histoires
Restez en contact avec la Suisse
Podcast

Que peuvent faire les milliers de Suisses bloqués au Moyen-Orient?

aeroport Francfort
Un passager devant un panneau annonçant l'annulation d'un vol vers Doha à l'aéroport de Francfort. Keystone/DPA/Florian Wiegand

À la suite des bombardements sur l'Iran et des répliques de la République islamique, des milliers de voyageurs suisses sont bloqués dans les grandes villes du Golfe, pour l'heure sans perspective de retour claire. Comment réagir sur place et que faire en cas de voyage prévu dans les jours à venir?

Depuis l’attaque israélo-américaine lancée contre l’Iran samedi dernier, plus de 4000 touristes suisses sont bloqués dans divers pays du Moyen-Orient – dans la grande majorité aux Émirats arabes unis. Une partie d’entre eux étaient en transit, notamment dans les aéroports de Dubaï, Abu Dhabi et Doha, les hubs des compagnies Emirates, Etihad et Qatar Airways, largement utilisées pour se rendre en Asie depuis Genève et Zurich.

>> Lire aussi les témoignages de Suisses sur place recueillis par Swissinfo:

Plus

En raison des dangers causés par les répliques iraniennes, en particulier les drones, les avions ne décollent et n’atterrissent qu’au compte-gouttes dans tous les aéroports de la région. Certains sont même entièrement fermés depuis samedi; d’autres ont été touchés par les représailles iraniennes.

À l’heure actuelle, il est difficile pour les voyageuses et voyageurs suisses sur place de savoir quand ils pourront rentrer chez eux. Lundi, le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) a précisé ne pas avoir pour le moment de solution pour rapatrier les touristes suisses. Alors que faire?

Pas de conseils miracles

Pour le TCS, il n’y a pas de conseils miracles: il faut faire preuve de patience, suivre les recommandations du DFAELien externe et prendre contact avec sa compagnie aérienne ou son agence de voyage pour reprogrammer son vol de retour.

Sur place, les frais de base (hébergement, repas, vol de remplacement) sont normalement pris en charge par les compagnies aériennes, qui ont le devoir de réacheminer le passager vers sa destination dès que possible.

Si ce dernier renonce à voler ou parvient à rentrer par ses propres moyens, la compagnie n’est pas tenue de rembourser les billets, la cause de l’annulation étant une «circonstance extraordinaire» sur laquelle les transporteurs n’ont pas d’influence. Il en va de même pour les dédommagements pour le retard.

Le versement du salaire pas garanti

Sur le plan professionnel, dans un tel cas, l’employeur ne peut pas imposer de sanction pour les jours de travail manqués, l’impossibilité de se rendre au bureau n’étant pas du fait de l’employé. En revanche, il n’est pas tenu de verser un salaire les jours manqués s’il s’agissait d’un déplacement privé. Mais il ne peut pas déduire ces jours manqués du solde de vacances.

S’il s’agissait d’un voyage professionnel, il en va autrement. «J’aurais tendance à considérer que le voyage professionnel s’assimile à un risque d’entreprise. […] L’impossibilité de travailler étant imputable à l’employeur, le salaire devrait être payé, à tout le moins pendant une certaine période», estime l’avocat spécialiste en droit du travail Rémy Wyler, interrogé par la RTS.

>> Écouter les conseils de la RTS pour les voyageurs bloqués au Moyen-Orient:

Contenu externe

Partir ou annuler?

Pour les voyageuses et voyageurs qui sont sur le point de partir ou ont déjà acheté des billets d’avion à destination du Moyen-Orient – ou qui doivent transiter par cette région – la question se pose différemment. Faut-il partir ou annuler?

Depuis lundi, le DFAE déconseille formellement tout voyage touristique ou non urgent vers la plupart des pays du Moyen-Orient. Le Liban, la Jordanie, le Koweït, Bahreïn, le Qatar, les Émirats arabes unis et l’Arabie saoudite sont concernés. Les voyages vers l’Iran, l’Irak, le Yémen, Israël et la Syrie étaient déjà déconseillés. Dans la région, seuls les voyages vers Oman ne sont pas déconseillés, même si l’aéroport international de Mascate a été perturbé ces trois derniers jours.

Certaines personnes ont déjà tranché: il n’y aura pas de vacances à Pâques ou en octobre dans les pays du Golfe. Les vacances ont été reportées, voire carrément annulés au profit d’une destination alternative, constatent plusieurs agences de voyage contactées par la RTS.

Interrogé par la RTS, le vice-président de la Fédération suisse du voyage Stéphane Jayet conseille lui de temporiser. «Je n’annulerais pas tout de suite. Il ne faut surtout pas tomber dans le côté psychose et amalgame. Par contre, je demanderais quelles sont les conditions et quel est le délai pour prendre une décision, soit à court terme ou à moyen terme.»

Une annulation sans frais si le voyage est déconseillé

Après l’aspect sécuritaire, la question brûlante est de savoir si les voyageurs pourront se faire rembourser s’ils annulent maintenant des vacances à Dubaï ou en Jordanie, par exemple. «Tout va dépendre de quelle date de départ on parle, de quels prestataires on parle. Chaque compagnie aérienne a ses conditions ou son positionnement», note Stéphane Jayet.

Les gens qui volent ou transitent par des pays vers lesquels il est officiellement déconseillé de voyager peuvent généralement annuler leur voyage sans frais jusqu’à 48 ou 72 heures avant leur départ, indique-t-il. Il en va de même pour les assurances d’annulation de voyage, qui devraient, dans ces conditions, prendre en charge les frais d’annulation des réservations d’hébergements ou d’activités.

>> Écouter le sujet de la RTS:

Contenu externe

Les plus appréciés

Les plus discutés

En conformité avec les normes du JTI

Plus: SWI swissinfo.ch certifiée par la Journalism Trust Initiative

Vous pouvez trouver un aperçu des conversations en cours avec nos journalistes ici. Rejoignez-nous !

Si vous souhaitez entamer une conversation sur un sujet abordé dans cet article ou si vous voulez signaler des erreurs factuelles, envoyez-nous un courriel à french@swissinfo.ch.

SWI swissinfo.ch - succursale de la Société suisse de radiodiffusion et télévision

SWI swissinfo.ch - succursale de la Société suisse de radiodiffusion et télévision