Peter Regli à nouveau sur la sellette
Le Département de la défense veut en savoir plus sur les relations entretenues entre Peter Regli et l'Afrique du Sud. Une enquête administrative est lancée.
L’ancien chef des renseignements suisses, Peter Regli, est soupçonné d’avoir entretenu des relations étroites avec Pretoria au temps de l’apartheid. Notamment en ce qui concerne la création d’armes chimiques destinées à être employée contre l’opposition noire.
Questions ouvertes
Une enquête préalable a déjà été effectuée par Juan Gut, secrétaire général du Département de la défense. Il en ressort que, pour l’heure, aucun indice ne permet d’affirmer que Peter Regli ou son service ont aidé l’Afrique du Sud à fabriquer des armes chimiques.
Le ministre suisse de la défense Samuel Schmid a toutefois annoncé vendredi que l’enquête administrative doit éclaircir des questions encore ouvertes, notamment l’achat par Peter Regli de deux missiles antiaériens russes en 1994.
Le mandat exact de l’enquête ainsi que son responsable n’ont pas encore été désignés. Mais il apparaît d’ores et déjà qu’elle pourrait dépasser le seul cadre des services de renseignements et toucher tout le département de la défense.
Une recherche d’information à l’étranger n’est pas exclue. Mais aucune aide ne sera demandée à Pretoria tant que le verdict ne sera pas tombé dans le jugement de Wouter Basson, le «père» du programme chimique sud-africain, qui prétend avoir reçu une aide de Peter Regli.
Regli serein
Le service des renseignements a détruit certains documents concernant ses relations avec l’Afrique du Sud. Samuel Schmid trouve que de telles pratiques sont discutables.
Le ministre de la défense conserve cependant toute sa confiance en Peter Regli, tant que d’éventuelles preuves de sa culpabilité n’auront pas été trouvées.
Peter Regli se réjouit de cette confiance. Il a de plus déclaré vendredi attendre «avec confiance» les résultats de l’enquête administrative.
Entraide judiciaire
Le Ministère public de la Confédération a également ouvert une enquête judiciaire en 1999. Il s’intéresse à d’éventuelles infractions pénales commises dans le cadre des relations entre les services secrets des deux pays.
Le Ministère public a indiqué vendredi avoir adressé à Pretoria une demande d’entraide judiciaire.
Olivier Pauchard, Palais fédéral
En conformité avec les normes du JTI
Plus: SWI swissinfo.ch certifiée par la Journalism Trust Initiative
Vous pouvez trouver un aperçu des conversations en cours avec nos journalistes ici. Rejoignez-nous !
Si vous souhaitez entamer une conversation sur un sujet abordé dans cet article ou si vous voulez signaler des erreurs factuelles, envoyez-nous un courriel à french@swissinfo.ch.