
Pots-de-vin à Moscou : après Mabetex, le Kremlin contre-attaque
Pavel Borodine, le chef des finances du Kremlin, a décidé de porter plainte contre le «Corriere della Sera». Le quotidien milanais accuse les proches du président Eltsine et la société suisse Mabetex d'être liés à une vaste affaire de corruption.
Pavel Borodine (photo), le chef des finances du Kremlin, a décidé de porter plainte contre le «Corriere della Sera». Depuis plusieurs semaines, le quotidien milanais accuse les proches du président Eltsine et la société suisse Mabetex d’être liés à une vaste affaire de corruption.
«Qui ne dit mot consent». Pour ne pas tomber sous le coup de cette terrible vérité populaire, les principaux acteurs du feuilleton de l’automne, l’affaire Mabetex, veulent clamer haut et fort leur innocence. Quoi de mieux dans ce cas qu’un bon procès en diffamation ?
Surtout qu’il y a quelques jours, un homme d’affaires russe, soupçonné d’être l’un des plus grands mafieux du pays, Semyon Mogilovitch, a justement remporté une affaire similaire contre une télévision hongroise qui l’avait accusé d’être à la tête d’un réseau mondial de blanchiment d’argent. Ce succès a semble-t-il inspiré le président de la société Mabetex, qui n’a pas hésité à porter plainte contre Felipe Turover, le témoin clé de ce dossier, pour dénonciation calomnieuse.
L’intendant en chef du Kremlin, Pavel Borodine, au centre du scandale, n’est pas en reste non plus. Il devrait ainsi demander prochainement aux magistrats italiens de juger le bien-fondé des accusations publiées par le «Corriere della Sera». Documents à l’appui, le journal italien avait en effet estimé que le bras droit du président russe était impliqué avec 23 autres personnalités dans cette vaste affaire de corruption. Les avocats de Pavel Borodine examinent déjà les publications du quotidien milanais, mais l’intendant en chef du Kremlin est certain de sa victoire : «Je gagnerai ce procès, lance-t-il avec assurance, et j’obtiendrai une forte indemnité en lires italiennes !».
Les mauvaises langues rétorqueront qu’avec tous les pots-de-vin qu’il a obtenus, selon le «Corriere della Sera», ce n’est certes pas cette indemnité qui changera grand-chose à sa fortune.
Mathieu Jego

En conformité avec les normes du JTI
Plus: SWI swissinfo.ch certifiée par la Journalism Trust Initiative
Vous pouvez trouver un aperçu des conversations en cours avec nos journalistes ici. Rejoignez-nous !
Si vous souhaitez entamer une conversation sur un sujet abordé dans cet article ou si vous voulez signaler des erreurs factuelles, envoyez-nous un courriel à french@swissinfo.ch.