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Pour éviter un camouflet, Adolf Ogi n’ira pas en Chine

Adolf Ogi, président de la Confédération Keystone

La visite en Chine du président de la Confédération est fortement compromise. Adolf Ogi avait posé comme condition de pouvoir rencontrer le chef de l'Etat chinois Jiang Zemin. A ce jour, aucune invitation officielle n’est parvenue à Berne.

La célébration du cinquantième anniversaire des relations diplomatiques entre la Suisse et la République populaire de Chine risque-t-elle d’être ternie par une mésentente protocolaire? Initialement prévue cet automne,
la visite d’Adolf Ogi en Chine n’aura vraisemblablement pas lieu. Car le président de la Confédération n’a pas été officiellement invité à rencontrer le chef de l’Etat chinois, Jiang Zemin. C’était là, pour le conseiller fédéral, la condition posée à son voyage. Une façon aussi pour lui de donner à son déplacement une dimension politique.

La participation du chef du Département fédéral de la défense (DDPS) à la manifestation organisée à l’occasion de ce jubilé n’a pas été officiellement planifiée, a déclaré jeudi Oswald Sigg, porte-parole du DDPS. Les autorités chinoises avaient cependant communiqué de manière informelle au DDPS qu’un voyage d’Adolf Ogi serait le bienvenu.

Le président de la Confédération avait joué un rôle d’intermédiaire lors de la visite d’Etat en Suisse de Jiang Zemin au printemps 1999. Le président chinois avait été très irrité par la bruyante manifestation en faveur du Tibet qui avait troublé la cérémonie protocolaire sur la Place fédérale. Vexé, le président chinois était entré dans le Palais fédéral sans saluer ses hôtes.

En automne 1998, Adolf Ogi s’était par ailleurs abstenu d’évoquer la délicate question des droits de l’homme au cours de sa rencontre à Pékin avec le ministre chinois de la défense.

Cela fait dix jours que la Chine a adressé une invitation à Adolf Ogi, sans confirmer une éventuelle rencontre avec Jiang Zemin. «Le président de la Confédération se rendra en Chine uniquement si une rencontre substantielle avec le président chinois est possible», a expliqué Oswald Sigg. Une visite éclair de cinq minutes ne suffit pas.

Il paraît presque impossible que la confirmation de cette rencontre au sommet parvienne encore au DDPS. Selon le porte-parole du Département, le refus de la Chine n’a par ailleurs aucun lien avec la visite en Suisse cette semaine d’une délégation de parlementaires tibétains en exil.

Le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) ignore encore qui fera le voyage en Chine à la place d’Adolf Ogi. De plus, il n’est pas encore certain que la présence d’un conseiller fédéral soit nécessaire, a déclaré jeudi le chef de l’information du DFAE, Ruedi Christen.

swissinfo avec les agences


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