TRAVEL PAS TOUCHELes montagnes de Davos sont toujours magiques
Davos est tout aussi unique que la réunion annuelle du forum économique mondial (WEF) qu'elle accueille.
Passage obligé des «global leaders», Davos est aussi «la plus haute ville d’Europe». Ce qui ne l’empêche pas d’être une authentique station de sports d’hiver.
En débarquant à Davos, le visiteur est souvent surpris par ses bâtiments carrés à toit plat et par l’absence d’hôtels de style chalet, comme un peu partout dans les Alpes.
Haut-lieu de cures thermales au 19e et au début du 20e siècle, Davos abrite aujourd’hui une communauté aussi florissante que variée.
Le ski reste l’activité numéro un. Mais tandis que les hôtels d’autres stations ferment une fois les derniers skieurs partis, Davos prospère toute l’année.
La station grisonne accueille en effet d’innombrables conférences et séminaires, à quoi s’ajoutent des cliniques, des centres médicaux ainsi qu’un important institut de recherche sur la neige et les avalanches.
Située à 1’500 mètres, Davos attire également les athlètes professionnels qui veulent s’entraîner en altitude. Et son équipe de hockey sur glace de ligue nationale attire chaque année les caméras du monde entier sur la station, avec la prestigieuse coupe Spengler à la fin décembre.
Un vaste domaine skiable
Quant aux skieurs, ils n’ont pas moins de 320 km de pistes à disposition, réparties le long des cinq montagnes surplombant la station.
Et pas de problème pour ceux qui cherchent une chambre, puisque la ville offre 24’000 lits d’hôtel. Davos étant construite sur plusieurs kilomètres le long d’une vallée, elle n’est jamais surpeuplée, bien que ses établissements affichent souvent complets.
«La ville offre tout ce dont vous avez besoin – opticiens, magasins d’informatique, points de vente ouverts 24 heures sur 24. Il y a même eu un sex shop», assure David Sincock.
Selon ce ressortissant britannique, la ville est très bien équipée. Raison pour laquelle il a choisi Davos pour y établir sa nouvelle société spécialisée dans le ski hors-piste.
«White Heat» – chaleur blanche – offre une initiation aux techniques du ski en neige poudreuse à l’aide de l’analyse vidéo.
Les Anglais sont de retour
De fait, la Grande-Bretagne montre un regain d’intérêt pour Davos, alors que le nombre de visiteurs britanniques dans les Alpes suisses a généralement stagné ces dernières années.
Davos s’attend même à une augmentation d’environ 5% par an des touristes britanniques.
Cette croissance s’explique aussi par la modernisation des remontées mécaniques, qui a permis de réduire considérablement les temps d’attente.
«La grande variété d’activités possibles est notre grand atout, auquel les organisateurs de voyages sont très sensibles. Ils peuvent donc vendre du ski, mais aussi des activités pour les familles et les non-skieurs», souligne le directeur de l’Office du tourisme.
Et Armin Egger d’ajouter: «C’est notre force et elle ne peut être copiée par les autres stations.»
De son coté, Marion Telsnig, du tour-opérateur britannique Crystal Holidays, remarque que Davos offre d’excellentes infrastructures. La station est donc recherchée par les voyageurs pointilleux en matière de qualité.
«C’est une station très particulière. Elle est moderne et fonctionnelle, mais on y trouve également un village suisse digne de figurer sur une boîte de chocolat. Un savant dosage que vous ne trouvez pas en France», plaide un touriste convaincu.
«Son accès est facile, poursuit le touriste. «Vous sautez de l’avion à Zurich et en quelques heures, vous débarquez dans la station via le chemin de fer. C’est impensable en France.»
Le charme des sanatoriums
Cela fait des années que les sanatoriums de Davos ont été transformés en hôtels. Les balcons grillagés ont été conçus pour permettre aux patients chroniquement malades de goûter aux vertus curatives du soleil et du bon air de la montagne.
Aujourd’hui, ces balcons permettent aux vacanciers de voir le temps qu’il fait et de repérer les pistes qu’ils dévaleront le reste de la journée.
Le nombre de ces bâtiments anciens (dont beaucoup dans le style art-déco) séduit également les visiteurs attirés par un lieu qui n’a pas oublié son passé.
Et quel passé! Thomas Mann y a posé le cadre de sa «Montagne magique». Sir Arthur Conan Doyle y est venu pour se faire soigner, parachevant la célébrité de la station alpine.
Et ce n’est pas tout. L’expressionniste allemand Ernst Ludwig Kirchner, y avait établi ses quartiers, immortalisant les cimes grisonnes dans des teintes roses et violettes.
Avec plus de 500 œuvres de l’artiste, le musée Kirchner est d’ailleurs le plus important des 6 musées de la ville.
Les dernières célébrités à vouloir y aposer leur marque sont des architectes de premier plan. Les Suisses Herzog et de Meuron projettent en effet de construire un hôtel «new age» en forme de tour près d’un ancien sanatorium.
Un tel monument n’existe nulle part ailleurs dans les Alpes suisses. Une audace typique de Davos.
swissinfo, Dale Bechtel à Davos
(Traduction de l’anglais: Frédéric Burnand)
A 1560 mètres d’altitude, Davos compte environ 13’000 habitants.
Au milieu du 19e siècle, elle est devenue une station thermale, après que le médecin allemand Alexandre Spengler a découvert les bienfaits du climat de haute montagne.
Sir Arthur Conan Doyle figure parmi les plus illustres patients, avec l’épouse de Thomas Mann.
La première réunion annuelle du Forum économique mondial a eu lieu en 1971.
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