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Un pas vers plus de transparence alimentaire

Les gens ont le droit de connaître le mode de production de ce qu’ils mangent. Keystone Archive

L'affaire du poulet aux antibiotiques n'est pas étrangère au vote des députés. Ils acceptent une motion destinée à clarifier les règles du jeu.

Cette motion a été déposée par la conseillère nationale bernoise Simonetta Sommaruga. Egalement présidente de la Fondation pour la protection des consommateurs, l’élue socialiste estime que les gens ont le droit de connaître le mode de production de ce qu’ils mangent.

Or, aujourd’hui, ce n’est pas vraiment le cas. Avant le scandale du poulet chinois aux antibiotiques, peu de personnes savaient que cette volaille était nourrie de la sorte pour croître plus vite.

Une proposition concrète

Actuellement, seuls le bœuf et les œufs sont soumis à une déclaration obligatoire. Et encore, jusqu’à un certain point. Puisque l’indication de provenance n’apparaît plus lorsque ces aliments entrent dans la composition de plats.

Les étiquettes des produits devraient donc être plus complètes et surtout facilement compréhensibles. Simonetta Sommaruga propose par exemple, pour le poulet, une indication de ce type: «Pays de production: Chine. Cette volaille a été produite à l’aide d’antibiotique».

Cette situation pénalise les paysans suisses. La législation leur interdit en effet certains procédés, comme l’utilisation d’antibiotiques ou d’hormones de croissance. Du coup, les aliments suisses sont plus chers que ceux de pays où la législation est moins draconienne.

«Les paysans suisses sont disposés à remplir les dispositions légales en matière de production des aliments, déclare Peter Hegglin, vice-président de l’Union suisse des paysans. Mais ils réclament une déclaration correcte pour les produits d’importation, afin de ne pas être éliminés du marché par des importations produites moins cher.»

Une chance pour les agriculteurs du tiers monde

Les partisans d’une déclaration plus transparente ne pensent pas que cette mesure constitue une forme de protectionnisme vis-à-vis des produits du tiers monde. «La motion Sommaruga est un premier pas vers une concurrence complète dans un marché transparent», estime Herbert Kach, directeur de l’Union suisse pour la protection des petits et moyens paysans (VKMB).

Simonetta Sommaruga pense que cette obligation de déclaration est une chance pour les agriculteurs du tiers monde. En effet, leurs terres sont souvent sacrifiées sur l’autel d’une production peu écologique et à courte vue.

Pression sur le Conseil fédéral

Mercredi sous la coupole, quelques conseillers nationaux (la plupart des radicaux et une minorité de démocrates du centre) ont tenté de s’opposer à la motion Sommaruga. Ils ont notamment estimé que cette obligation de déclaration était difficile à mettre en pratique et qu’elle pourrait provoquer des mesures de rétorsion de la part de l’étranger.

Mais pour une majorité d’élus, le droit des consommateurs de choisir en pleine connaissance de cause prime sur ces considérations. La motion a donc été acceptée par 128 voix contre 35.

Dans la foulée, les députés ont également approuvé, par 133 voix contre 17, une motion démocrate-chrétienne. Celle-ci demande que le gouvernement intervienne à l’OMC pour exiger des règles garantissant la sécurité et la transparence de la déclaration de provenance.

Ces deux motions doivent maintenant être traitées par le Conseil des Etats. Si la Chambre haute les accepte à son tour, le Conseil fédéral sera obligé d’agir.

swissinfo/Urs Maurer avec Olivier Pauchard

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