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4000 nouvelles évacuations dues au mégafeu près de Bordeaux

Keystone-SDA

De nouvelles évacuations ont été décidées mardi matin près de Bordeaux, dans le sud-ouest de la France, où la hausse attendue des températures fait craindre une nouvelle aggravation du mégafeu qui a ravagé 42'000 hectares, pourtant "stabilisé" après une nuit calme.

(Keystone-ATS) Depuis le début de cet incendie le 22 juillet au nord du bassin d’Arcachon, près de 220’000 personnes ont déjà été évacuées de manière préventive dans 23 communes. Le feu n’étant pas fixé, leur retour dans leurs hébergements n’est à ce stade pas envisageable.

Mardi matin, la préfecture de la Gironde a annoncé l’évacuation de 4000 autres personnes des hébergements touristiques de la commune de Lacanau «en anticipation d’un phénomène météorologique défavorable» attendu dans l’après-midi.

Peu avant 13h00, les routes à la sortie de cette station balnéaire avaient déjà retrouvé le calme, après quelques bouchons formés en fin de matinée par les touristes sur le départ.

«C’est fini»

«On venait ici pour trois semaines mais c’est fini», se résignent Lilian et Marielle Mourgeon, contraints de quitter le camping où ils passaient leurs vacances.

Le feu est «stabilisé» et les reprises de feu de la nuit «sont sous contrôle», a annoncé la préfecture de Gironde tôt mardi matin.

Mais le retour prévu de la chaleur en France fait en effet craindre une nouvelle aggravation des incendies mardi qui a brûlé 420 km2, l’équivalent de deux fois le lac de Neuchâtel, depuis le 22 juillet.

Il s’agit de la plus grande superficie depuis un feu de forêt meurtrier dans le massif des Landes de Gascogne en 1949 qui avait ravagé environ 500 km2.

Avec 92’000 hectares (920 km2) détruits sur tout le territoire depuis janvier, l’année 2026 bat déjà le record de surfaces brûlées en France en 20 ans de mesures satellitaires, selon le système européen de surveillance des feux (Effis).

Dans la région bordelaise, l’agence Météo-France prévoit mardi dans les terres une hausse des températures jusqu’à 35 degrés, accompagnées d’un vent qui souffle du sud-est vers le nord-ouest, avec des brises océaniques d’ouest sur le littoral, qui pourraient attiser à nouveau le brasier.

Les forêts s’enflamment d’autant plus facilement que la végétation et les sols européens sont très secs depuis des mois, une sécheresse accentuée par le changement climatique et les récentes canicules exceptionnelles.

«Scènes de guerre»

Depuis le début de l’incendie au nord du bassin d’Arcachon, 93 pompiers ont été blessés et 240 habitations détruites.

Le feu n’étant pas fixé en Gironde, aucun retour des évacués n’y est envisageable à ce stade et les activités des colonies de vacances sont suspendues dans ce département, internationalement renommé pour son vignoble mais également très touristique.

Comme lundi, aucun train à grande vitesse ne circule au sud de Bordeaux mardi, hormis ceux desservant Agen et Toulouse, et l’autoroute est fermée dans les deux sens entre les villes de Bordeaux et Bayonne.

«En réponse à la demande d’aide de la France», le ministère turc de l’Agriculture a annoncé mardi le déploiement en France de deux de ses avions de lutte contre les incendies.

Dans les Landes, où le feu est fixé après avoir brûlé 3600 hectares et 198 bâtiments, «l’ensemble des habitants des communes de Sanguinet et de Parentis-en-Born», 15’000 personnes au total, peuvent depuis lundi soir ainsi «réintégrer leur domicile», a annoncé la préfecture, tout comme ceux du village aéronautique de Biscarrosse et les résidents d’un camping.

A Biscarosse, petite ville landaise de 15’000 habitants hors saison où l’incendie a détruit près de 200 bâtiments, les habitants, de retour dans la ville mardi, oscillent entre désarroi et soulagement.

Après «trois jours dignes de scènes de guerre», «tout le monde est content de rouvrir», assure derrière son comptoir Célina Serveau, une boulangère.

De son côté, Michael Elicegui se montre plus pessimiste. «Je pense que l’on n’en a pas fini», se méfie cet ex-évacué, qui a «l’impression que le feu a joué aux échecs», en brûlant certaines maisons quand d’autres ont été épargnées.

Dans le Var, dans le sud-est de la France, les reprises de feu ont été circonscrites lundi soir.

La gendarmerie a annoncé mardi le placement en détention provisoire d’un homme de 23 ans, soupçonné d’une série de départs de feu de végétation dans le département.

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