Affaire: Fillon ne récupérera pas l’enregistrement de Jouyet
(Keystone-ATS) Au regard du droit de la presse, le tribunal des référés a rejeté jeudi la requête de l’ancien premier ministre François Fillon. Il ne récupérera pas l’enregistrement de la conversation des deux journalistes du journal «Le Monde» avec Jean-Pierre Jouyet au sujet de son déjeuner controversé avec le secrétaire général de l’Elysée.
La défense de l’ex-premier ministre, que le quotidien «Le Monde» accuse d’avoir comploté contre Nicolas Sarkozy, espérait que la divulgation de cet enregistrement ferait apparaître la présence lors de cette conversation d’un autre haut personnage de l’Etat, accréditant ainsi l’idée d’une manipulation.
Pour la défense des journalistes, cette démarche se heurtant aux dispositions de la loi sur la presse ne relevait que d’une stratégie médiatique.
Enregistrement produit à l’audience
La justice ne procédant à aucune instruction en matière de diffamation, l’affaire se réglera directement entre les protagonistes devant le tribunal correctionnel, où François Fillon a assigné Jean-Pierre Jouyet ainsi que les journalistes du «Monde».
«Nous allons produire l’enregistrement afin qu’il soit diffusé à l’audience, les extraits qui intéressent monsieur Fillon», a dit Me François Saint-Pierre, l’un des avocats des journalistes.
Le défenseur de François Fillon, Me Jean-Pierre Versini-Campinchi, a douté de cet engagement, soulignant que la partie adverse n’avait que 10 jours pour produire ses preuves devant la justice. «S’ils ont tout cadenassé, c’est parce qu’il y a quelque chose à dissimuler», a-t-il insisté.
Première audience en janvier
Ce, même si les deux journalistes du «Monde», Gérard Davet et Fabrice Lhomme, ont démenti à plusieurs reprises que le président François Hollande soit intervenu lors de leur conversation avec Jean-Pierre Jouyet, ou ait même «passé la tête» par la porte.
Une première audience doit avoir lieu le 13 janvier prochain. Il s’agira d’une «audience de fixation» dans l’attente d’une date ultérieure pour le procès, qui n’aura lieu que dans plusieurs mois compte tenu de l’encombrement de la 17e chambre correctionnelle, a indiqué Me Versini-Campinchi.