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Cinq pays à l’unisson pour un trafic alpin plus sûr

Un défi: augmenter la sécurité sans rallonger encore les bouchons (ici, sur la rampe du San Bernardino). Keystone

Réunis vendredi l'initiative de Moritz Leuenberger, les ministres des Transports des pays alpins ont adopté une déclaration commune.

C’est à la suite de la catastrophe du Gothard, il y a un peu plus d’un mois, que le président de la Confédération, et ministre des Transports, avait invité ses homologues des pays voisins. Ils se sont ainsi retrouvés vendredi à Zurich, en présence de la Commissaire européenne aux Transports, Loyola de Palacio.

Sujet du jour : la sécurité du transit routier à travers les Alpes. «Toute les mesures de sécurité et ou de sauvegarde de l’environnement ne peuvent être prises que de manière commune», a souligné Moritz Leuenberger face à la presse, à l’issue de la réunion.

Des objectifs et des mesures communs

Témoin de cette volonté collective, les cinq ministres ont adopté une déclaration sur l’amélioration de la sécurité routière, avec en particulier en pont de mire la situation des tunnels alpins. L’Allemagne, l’Autriche, la France, l’Italie et la Suisse disposent donc désormais d’objectifs communs en la matière.

Le texte est une déclaration d’intentions. Mais pas uniquement. Il prévoit aussi un certain nombre de mesures. Au chapitre de la sécurité, les ministres s’engagent à rendre plus sûrs les infrastructures, les tunnels évidemment, ainsi que les véhicules.

Rester strict

Autre promesse, celle d’appliquer strictement les réglementations existantes. Notamment les règles qui concernent les entreprises de transport, les véhicules ou encore les chauffeurs, en particulier les dispositions sur les temps de conduite et de repos.

Enfin, les cinq pays veulent aussi mieux réguler le trafic. Assurer une sécurité optimale, tout en essayer d’éviter les embouteillages. Parmi les mesures envisagées : le trafic alterné des poids lourds sur certains tronçons, des limitations de vitesse et des règles d’espacement entre les véhicules.

Plus de sécurité, moins de fluidité ?

Le problème, bien sûr, c’est que ce type de mesures, comme l’a confirmé Moritz Leuenberger à swissinfo, «peut avoir comme conséquence une réduction de la capacité des transports. C’est pour cela que, pour moi, il était important que les pays voisins soient d’accord avec nos propositions. Et c’est évidemment le cas.»

Le chef du Département fédéral de l’environnement, des transports, de l’énergie et de la communication a donc désormais en main un certain nombre d’instruments, acceptables sur le plan européen. Ils lui seront sans doute utiles lorsqu’il s’agira de définir les modalités de réouverture du tunnel du Gothard.

Trafic alterné au Mont-Blanc

La Suisse n’est d’ailleurs pas la seule à être confrontée au problème. Ainsi, le ministre français des Transports, Jean-Claude Gayssot, a confirmé vendredi que le tunnel du Mont-Blanc devrait être réouvert aux poids-lourd dès la fin janvier, mais en trafic alterné. Pour les voitures, le trafic sera rétabli dans les deux sens, le 22 décembre déjà.

Voilà pour le court terme. Mais au-delà, les ministres présents à Zurich se sont encore engagés à encourager le transfert des marchandises de la route vers le rail. Jean-Claude Gayssot a d’ailleurs résumé ce qui semble faire désormais l’unanimité : «Nos populations souhaitent que cela bouge dans le domaine du transport.»

Le modèle suisse

Mais pour cela, il faut développer de nouvelles infrastructures pour le rail. Et c’est leur financement qui pose problème. L’Union européenne est encore loin de correspondre à ce que Loyola de Palacio a appelé «le modèle suisse» : une taxe frappant la route, pour financer le rail.

L’idée pourtant fait son chemin à Bruxelles. «Nous devons en discuter et faire une proposition au Conseil des Ministres et au Parlement européen, a déclaré la Commissaire européenne. Il s’agit non seulement de faire payer les coûts réels, mais aussi de construire des alternatives.»

Pierre Gobet, Zurich

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