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La crise vue par les Suisses d’Argentine

L'Argentine bascule. Le gouvernement péroniste intérimaire a proclamé l'état de siège dans la province de Buenos Aires. Keystone

En deux jours, c'est un modèle économique qui s'est effondré sous la pression. Le point de vue des milieux d'affaires suisses en Argentine.

Roberto Alemann – l’une des principales figures de la communauté helvétique en Argentine- estime qu’il est impossible de faire des pronostics à long terme. Cela dit, pour lui, une chose est sûre: la parité entre le dollar et le peso a vécu.

Et d’ajouter: «il faudrait que le nouveau système de change ne soit pas accompagné par une émission trop grande de billets, et il faudrait surtout décider comment traiter la dette extérieure avec le FMI».

Un avenir incertain

Pour le conseiller économique de l’Ambassade suisse à Buenos Aires, Paul Seger, la parité doit absolument être abandonnée. Une décision qui aura des effets directs sur les paiements du service de la dette extérieure de l’Argentine.

Ex-Président de la Chambre de Commerce Suisse en Argentine et aujourd’hui Président de l’International Academy for Quality, Marcos Bertin estime, de son côté, qu’il est impossible de prédire quel cours suivra l’économie du pays. Du moins dans l’immédiat.

En revanche, il est certain qu’une dévaluation entraînera un appauvrissement de la population argentine. Pour lui, la situation idéale serait une dévaluation strictement contrôlée et accompagnée d’un plan de réduction drastique des dépenses publiques.

A propos des investissements suisses en Argentine, Marcos Bertin ne cache pas son pessimisme. «Depuis quelques mois, affirme-t-il, nous assistons à une hémorragie de capitaux et d’entreprises helvétiques de l’Argentine vers le Brésil. Il faut absolument reconstruire une crédibilité économique pour inverser cette tendance.»

La SGS reste optimiste

La Société Générale de Surveillance (SGS), elle, reste confiante. «Nous continuerons à accompagner le développement de l’Argentine, comme nous l’avons fait jusqu’à aujourd’hui», confirme son directeur des relations publiques, Hugo Suffriti.

Enfin, Alfredo Rodríguez, président de SIKA Argentina, a décidé, pour sa part, de profiter de l’occasion. Sa société a choisi d’occuper le terrain laissé libre par les nombreuses entreprises qui quittent le pays.

Pierre Dumas, Buenos Aires

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