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Le Credit Suisse Group mis au pilori

Lukas Mülhemann, patron de CS Groupe, a reconnu qu’il ne percevait pas d’amélioration pour le quatrième trimestre. Keystone Archive

Business Week accuse le deuxième groupe bancaire helvétique de «fermer les yeux sur les règlements», évoquant des «embrouilles» au Japon et en Inde.

Quand un grand magazine économique commence par vous tresser des couronnes, il faut toujours se méfier. En début d’article, Business Week félicite Lukas Mühlemann, patron du Credit Suisse, pour son courage. N’a-t-il pas fait entrer son établissement bancaire à la Bourse de New York après les attentats du 11 septembre? Mais c’est ensuite pour mieux mettre le doigt sur «les piètres résultats» du groupe.

Cette semaine, le Credit Suisse a annoncé un très mauvais troisième trimestre, accusant une perte de 299 millions de francs. Alors que le trimestre précédent, la grande banque enregistrait un bénéfice de 1,6 milliard. Certes, le volume des transactions a chuté depuis septembre. Mais le Credit Suisse est la première banque européenne à présenter des résultats négatifs.

A titre de comparaison, son grand rival, l’UBS, annonçait la semaine dernière 903 millions de bénéfices. Pour Business Week, il ne s’agit pas seulement d’une mauvaise passe. La banque suisse accumulerait les faiblesses, et notamment le Credit Suisse First Boston «la très controversée banque d’affaires du groupe».

Suppression de 2000 postes

Evoquant des «embrouilles» avec les autorités de régulation à New York, Bombay et Tokyo, le magazine économique américain écrit que l’établissement suisse a dorénavant «la réputation d’une banque fermant les yeux sur les règlements lorsque de grosses sommes d’argent sont en jeu». Des accusations qui ne risquent guère d’améliorer l’image du Credit Suisse.

Le groupe risque de devoir tailler dans ses coûts, ce qui provoquerait la suppression de 2000 postes aux Etats-Unis et à Londres. «Le groupe commence à ressembler à une institution qui a grandi trop vite et souffre à présent d’indigestion», commente un membre du conseil s’administration d’une banque européenne rivale, cité par Business Week.

Lukas Mülhemann, patron de CS Groupe, a reconnu cette semaine qu’il ne percevait pas d’amélioration pour le quatrième trimestre.

Ian Hamel

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