Greenpeace s’attaque à Nestlé en Asie
L'organisation écologiste accuse les multinationales de l'agroalimentaire de vendre des produits contenant des OGM. Parmi les premières visées: Nestlé.
Plus de six mois se sont écoulés. Et Greenpeace ne lâche pas prise en Asie. En juin dernier, l’organisation avait rendu public en Thaïlande et aux Philippines une liste d’aliments comportant des organismes génétiquement modifiés (OGM). Les écologistes avaient en particulier dénoncé Nestlé et son lait pour bébés Cerelac.
Greenpeace reproche aux multinationales de l’alimentation de vendre en Extrême-Orient des produits avec OGM alors qu’elles ont cessé de le faire en Europe, vu les résistances des consommateurs.
Nouvelle offensive
Pour relancer l’offensive, Greenpeace vient d’organiser un séminaire sur le sujet à Tokyo, au Japon. «Nous ne pouvons pas accepter ce marché à deux vitesses: aux pays riches les aliments sans OGM et aux autres les aliments génétiquement modifiés», lance Noriko Oyama, porte-parole du mouvement au Japon.
Ce séminaire, qui ne portait pas sur l’archipel mais sur les pays voisins, a désigné la Thaïlande, les Philippines et l’Indonésie comme points centraux de la riposte en préparation. Intégrer des OGM dans les aliments pour bébé comme le lait Cerelac de Nestlé est une atteinte au principe de précaution accepté partout en Europe, souligne Auyphon Suthonthanyakorn, de Greenpeace Thailand.
Nestlé Japon, qui n’est pas concerné, n’a pas voulu réagir à ces accusations. En juin dernier, la filiale thaïlandaise du groupe helvétique avait rejeté les accusations de Greenpeace et regretté «un alarmisme injustifié et contre-productif».
Controverse
La vigueur de Greenpeace suscite une controverse dans les pays concernés où les associations de consommateurs sont peu structurées et donc très susceptibles d’être manipulées. «Ces attaques anti-OGM visent d’abord à déstabiliser des entreprises bien implantées sur ces marchés», déplore un homme d’affaires suisse.
Nestlé est très présent en Thaïlande où le groupe possède une usine de lait en poudre. Des usines Nestlé fonctionnent aussi aux Philippines et en Indonésie.
Il n’est donc pas dit que le groupe écologiste puisse repartir à l’assaut aussi aisément qu’il le prétend. En juin, ces attaques avaient fait long feu.
Au Japon, l’organisation se bat actuellement avec vigueur contre le retraitement des déchets nucléaires. «Les activistes asiatiques se réveillent, se félicite Jenina Chavez, de l’université des Philippines à Manille. Il faut maintenant engager un dialogue constructif avec ces entreprises.»
Richard Werly, Tokyo
En conformité avec les normes du JTI
Plus: SWI swissinfo.ch certifiée par la Journalism Trust Initiative
Vous pouvez trouver un aperçu des conversations en cours avec nos journalistes ici. Rejoignez-nous !
Si vous souhaitez entamer une conversation sur un sujet abordé dans cet article ou si vous voulez signaler des erreurs factuelles, envoyez-nous un courriel à french@swissinfo.ch.