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L’Entlebuch certifié biosphère de l’UNESCO

Cette reconnaissance devrait contribuer au rayonnement de l'Entlebuch. www.biosphaere.ch

C'est la première région suisse qui décroche cette reconnaissance internationale. Le Pays-d'Enhaut aurait aussi pu l'obtenir. Mais il a abandonné.

L’Entlebuch est en fête. Cette région du canton de Lucerne reçoit en effet officiellement samedi son certificat de réserve de biosphère. Quelque 650 personnalités – dont le président de la confédération, Kaspar Villiger – sont invités pour célébrer l’événement.

Lancé en 1974, ce programme spécial de l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) a déjà consacré 411 réserves réparties dans 94 pays du globe. Mais c’est la toute première fois qu’il inscrit un site helvétique à son répertoire mondial des biosphères.

Les critères de l’UNESCO

Concrètement, ce label de l’UNESCO est réservé aux régions qui ont su préserver leur beauté naturelle. Et cela tout en favorisant une économie tournée vers un développement durable.

Habités et exploités par l’homme, ces territoires doivent rester proches la nature. Ils comportent une zone centrale de réserve naturelle, une zone tampon de gestion écologique et une zone de développement durable des ressources.

Les critères imposés par l’UNESCO

Et l’Entlebuch satisfait à ces critères-là. Le tiers de cette région est inscrit à l’Inventaire des paysages, sites et monuments d’importance nationale (IFP).

L’autre tiers est un site protégé, qui compte des marais et la région karstique du Schrattenfluh.

Et, sur le dernier tiers, l’agriculture, l’économie et le tourisme se développent harmonieusement dans le respect de l’environnement.

L’idée d’inscrire l’Entlebuch dans le cercle très fermé des sites reconnus par l’UNESCO n’a pas été facilement admise. En effet, durant plusieurs années, les promoteurs du projet se sont heurtés à une forte résistance, de la part des paysans en particulier.

Mais, à l’automne 2000, et à la surprise générale, elle a finalement été plébiscitée (94% des habitants des huit communes concernées ont dit oui).

Des retombées économiques

«La région est ainsi passée du statut périphérie dévalorisée à celui de région modèle en matière de gestion de l’environnement et de développement durable», se réjouit Engelbert Ruoss, directeur scientifique du Management régional de l’Entlebuch.

Pour les responsables de l’Entlebuch, la reconnaissance de l’UNESCO contribuera au rayonnement de la région tout en lui permettant de mieux promouvoir son capital économique et touristique.

«Nous bénéficions, d’ores et déjà, d’un label de qualité pour les produits du pays, rappelle Engelbert Ruoss. Et la notoriété naissante de notre région permettra sans aucun doute de renforcer ce marché.»

La gestion de la réserve de biosphère entraînera par ailleurs la création d’une douzaine de postes de travail. Le budget annuel – qui s’élève à un million de francs – est alimenté notamment par la Confédération, le canton de Lucerne et les communes de la région.

Les craintes du Pays d’Enhaut

Mais l’Entlebuch n’est pas la seule région de Suisse à avoir manifesté son intérêt pour l’appellation de réserve de biosphère. Durant trois ans, le Pays d’Enhaut, dans les Alpes vaudoises, a en effet également planché sur le sujet.

«Notre région remplit, elle également, toutes les conditions requises par l’UNESCO, affirme Cosette Hämmerli, présidente du groupe de pilotage Réserve de biosphère du Pays d’Enhaut.

«Mais, ajoute-t-elle, l’une des trois communes concernées s’est retirée du projet. Et, sans elle, nous n’avons plus la superficie exigée pour espérer obtenir l’appellation de biosphère.»

«L’exemple de l’Entlebuch n’y a rien changé, poursuit Cosette Hämmerli. Les habitants ont eu peur des contraintes écologiques. Et surtout, ils ont craint que l’Etat ne vienne mettre son nez dans leurs affaires.»

«C’est regrettable, conclut Cosette Hämmerli, le label de L’UNESCO aurait été la meilleure manière de valoriser et de protéger notre région.»

swissinfo/Vanda Janka

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