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La Suisse dans la ligne de mire de Noam Chomsky

A 73 ans, Noam Chomsky a toujours la même verve. www.msnbc.com

Le monument de la contre-culture américaine n'a rien perdu de sa férocité. Il n'épargne pas la Suisse qui serait «dirigée par les banques».

Noam Chomsky va encore faire hurler les défenseurs de la Suisse. Dans «Deux heures de lucidité», un ouvrage qui vient de sortir à Paris, ce penseur radical américain accuse la Confédération de «ne même pas garantir la liberté d’expression».

Invité par la Ligue internationale des femmes pour la paix et la liberté à l’université de Genève, il aurait été contraint de soumettre le texte de sa conférence à la police suisse, affirme-t-il. Autre accusation: un historien de la diplomatie ne peut pas travailler sur archives, «car il n’existe pas d’archives nationales dignes de ce nom».

Pour ce penseur indépendant de 73 ans, la Suisse n’aurait pas véritablement de gouvernement. Elle serait «dirigée par les banques». Noam Chomsky développe ainsi l’une de ses idées phares, à savoir que plus un groupe est puissant, «plus il met en avant des hommes politiques qui servent ses intérêts».

Pas de congés payés obligatoires

Monument de la contre-culture américaine depuis la guerre du Vietnam, Noam Chomsky n’est pas un simple provocateur. Beaucoup d’Américains de gauche se réfèrent à lui. Dans des ouvrages traduits en français comme «Les dessous de la politique de l’Oncle Sam» et «Le nouvel humanisme militaire», Noam Chomsky n’est surtout pas tendre pour son pays. «C’est le seul pays où il n’existe pas de congés payés obligatoires», dénonce-t-il.

«Quarante-cinq millions de personnes n’ont pas d’assurance maladie», constate Noam Chomsky. Pire: selon lui, la mafia serait devenue «obsolète» aux Etats-Unis. «Les criminels sont pour la plupart des hommes d’affaires ordinaires», assure l’auteur de «Responsabilités des intellectuels».

Parmi les idées développées par ce penseur radical: le but principal des paradis fiscaux ne serait pas de dissimuler l’argent de la drogue et de la corruption, mais d’aider les multinationales à échapper aux impôts. «Les paradis fiscaux n’existent que parce que les pays riches le veulent bien», écrit-il.

«Et s’ils le veulent bien, c’est pour que les grandes entreprises puissent, en toute impunité, voler les citoyens.» Pour Noam Chomsky, l’Etat n’aurait qu’une mission, «faire en sorte que les riches deviennent encore plus riches». A 73 ans, l’écrivain américain n’a apparemment pas mis beaucoup d’eau dans son vin.

Ian Hamel

«Deux heures de lucidité», Noam Chomsky, entretiens avec Denis Robert et Weronika Zarachowicz, éditions Les Arènes, 186 pages.

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