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«La Suisse pour une discussion sans tabous sur les questions de la globalisation»

Pendant le Sommet social, swissinfo vous propose dans cette rubrique le point de vue d´un participant ou d´un observateur sur l´un ou l´autre des thèmes discutés.

L’ambassadeur Jean-Jacques Elmiger, du Secrétariat d’État à l’économie, a dirigé la délégation suisse à New York lors des négociations préparatoires du sommet social. Il est à l’origine de l’invitation faite par la Suisse à l’Assemblée générale des Nations unies de tenir sa session extraordinaire à Genève.

Swissinfo: Quand vous regardez les cinq années passées depuis le Sommet de Copenhague sous l’angle de la lutte en Suisse contre la pauvreté, le chômage et l’exclusion, que mettez-vous dans le bilan, dans la colonne de ce qui a été fait et dans celle de ce qui n’a pas encore été fait?

Jean-Jacques Elmiger: «Qu’est-ce qui a été fait? L’assurance chômage a été réformée pour la rendre plus performante et plus proche des besoins des demandeurs d’emploi. On a essayé avec succès d’assouplir les conditions de travail afin qu’elles soient conformes aux nécessités de la réalité économique d’aujourd’hui. On a tout mis en œuvre pour continuer de promouvoir le dialogue social et la responsabilité des partenaires sociaux. Qu’est-ce qu’il faut continuer de faire? D’abord un effort incessant en faveur de la formation parce que c’est la clef pour entrer dans le marché du travail et pour l’insertion sociale. Et poursuivre l’ouverture et permettre la libéralisation de la concurrence en Suisse».

– Quand en Suisse on dit «exclusion», on pense souvent aux travailleurs immigrés. Les problèmes d’intégration ne sont pas de la fiction. Avez-vous le sentiment qu’en cinq ans on a vraiment progressé dans ce domaine? est-ce qu’on ne se berce pas d’illusions?

– «Non, je crois qu’on a fait un certain nombre de pas dans la bonne direction, on a amélioré les conditions cadres. N’oublions pas non plus le long processus de négociations des accords bilatéraux avec l’Union européenne, des accords qui touchent aussi à des aspects comme la libre circulation des personnes et leur intégration dans notre société et notre marché du travail. Des mesures d’accompagnement en matière sociale ont été préconisées et acceptées par le Parlement. Il faut également permettre aux acteurs de la société civile, aux ONG et aux partenaires sociaux de renforcer leur rôle dans ce domaine».

– Justement, les ONG suisses ont fait aussi leur bilan: elles parlent de dégradation de la qualité de vie pour des gens de plus en plus nombreux, d’insécurité quant aux perspectives d’emploi et de durcissement des rapports sociaux. Partagez-vous cette analyse?

– «Il faut reconnaître ces préoccupations. Il serait illusoire de nier que, comme dans tout processus d’adaptations structurelles et technologiques, il y a des perdants et des gagnants. Il faut avoir la sagesse de regarder ce que l’État peut faire en se concentrant sur ses tâches prioritaires. Il faut être aussi conscient que certains aspects de l’État-providence sont remis en cause et accepter que c’est une nécessité de notre adaptation».

– Vous parlez de perdants et de gagnants. Que peuvent dire les autorités de ce pays à ceux et celles qui pendant le sommet social leur rappelleront dans la rue cette réalité-là? La Suisse va-t-elle saisir cette occasion pour faire un pas de plus et dans quelle direction?

– «Nous avons voulu ouvrir cette session de l’Assemblée générale des Nations unies aux acteurs de la société civile et notamment aux ONG qui auront la possibilité de participer à un forum et à un symposium international qui doit permettre une discussion sans tabous sur toutes les questions liées à la globalisation. Nous avons aussi associé des représentants des ONG et des partenaires sociaux dans la délégation officielle de la Suisse».

– La Suisse a fait une proposition pour une initiative multilatérale. Que signifie-t-elle très concrètement? Est-ce une nouvelle règle du jeu économique et social?

– «Oui, sans aucun doute. On n’a pas encore à l’heure actuelle de vue globale de toutes les dimensions humaines et sociales de la globalisation. On dispose certes de nombreuses études sectorielles et très ciblées. Mais quelles réponses globales donner aux problèmes globaux? Reconnaissons qu’on n’est pas encore capable de le dire».

«C’est la raison pour laquelle nous aimerions que l’ensemble des acteurs concernés par ces questions travaillent ensemble. Nous proposons que les organisations internationales directement concernées (Banque mondiale, OMC, CNUCED, OMS et autres) soient consultées et donnent leur avis. De même pour les gouvernements, les partenaires sociaux et les représentants de la société civile. C’est donc une invitation à s’asseoir autour d’une table. Cela nous permettra d’y voir plus clair et de définir des priorités».

Propos recueillis par Bernard Weissbrodt

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