Le syndicat FTMH en campagne
Les entreprises travaillant pour l’armée suisse ont déjà perdu la moitié de leurs emplois. Aujourd’hui, la FTMH demande au Conseil fédéral d’agir. Et, du même coup, lance sa campagne en faveur du prochain vote sur la réduction des dépenses.
«Travailler pour l’armée n’est plus un créneau d’avenir». Ce constat, le syndicat de la métallurgie et de l’horlogerie (FTMH) n’a pas attendu Armée XXI pour le tirer. En 1992 déjà, il commandait une étude à l’historien Peter Hug sur la reconversion des emplois liés au monde militaire et demandait – en vain – à la Confédération de créer un fonds spécial à cette fin.
Huit ans plus tard, le syndicat a demandé au professeur bernois de réactualiser son étude. On y constate que la réalité a largement dépassé les prévisions les plus pessimistes. Peter Hug craignait la disparition de 12 000 emplois sur 40 000. En réalité, plus de 19 000 postes ont été supprimés.
La FTMH réclame donc des mesures énergiques pour préparer l’avenir des employés restants dans les usines qui travaillent pour l’armée. Il demande au Conseil fédéral de «mobiliser les potentialités» et de «lancer une vraie offensive de politique industrielle».
Le syndicat annonce également qu’il se battra pour la signature de conventions collectives dans les entreprises qui étaient jusque là dépendantes de l’armée. Et la FTMH en profite, au passage, pour dénoncer les dépenses militaires, jugées «colossales», dans un pays connaissant «une situation de surarmement qui confine au ridicule».
Derrière ce discours convenu, c’est en fait la campagne pour la votation du 26 novembre que les têtes de la FTMH ont lancé, vendredi, à Berne. A cette date, en effet, peuple et cantons devront se prononcer sur l’initiative socialiste qui vise à réduire les dépenses militaires de moitié, afin de créer un fonds de reconversion pour les fabricants de cartouches et d’uniformes qui, tôt ou tard, risquent le chômage.
Même si la base du syndicat ne s’est pas encore prononcée sur ce texte, la direction n’a pas caché qu’il lui semblait «aller dans le bon sens».
Marc-André Miserez
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