La voix de la Suisse dans le monde depuis 1935
Les meilleures histoires
Démocratie suisse
Les meilleures histoires
Restez en contact avec la Suisse
Podcast

Les écologistes ont du pain sur la planche

Chaque seconde, une forêt tropicale de la taille d’un terrain de football est détruite par le feu ou le déboisement industriel. Keystone Archive

Le 21 mars, c'est la Journée de la forêt. L'occasion de rappeler que la déboisement de la planète continue. Et que la Suisse est aussi concernée.

Selon les chiffres de l’Office fédéral de l’environnement, des forêts et du paysage, 9,4 millions d’hectares de forêts disparaissent chaque année. Et, d’après les organisations écologistes, les deux tiers des terrains boisés du globe ont d’ores et déjà disparu.

Chaque seconde, une forêt tropicale de la taille d’un terrain de football est détruite par le feu ou le déboisement industriel.

Le combat de Bruno Manser

Pour tenter de mettre fin à cette destruction massive – qui gangrène les poumons de la planète et qui met en danger la vie de la population locale autant que la biodiversité du globe – des scientifiques, des intellectuels et des artistes du monde entier se mobilisent depuis des années.

A l’instar du Suisse Bruno Manser. Jusqu’à sa mystérieuse disparition l’an dernier dans la forêt de Sarawak, l’écologiste bâlois s’est battu pour les Penans et pour la protection des forêts tropicales qui les abritent.

«Pour défendre sa cause, Bruno Manser n’hésitait pas à faire du porte-à-porte, se souvient le négociant en bois, Denis Bourquin. Il a fini par convaincre bon nombre d’entre nous du bien fondé de son engagement.»

Aujourd’hui, hormis le teck, sa société n’importe plus de bois en provenance du sud-est asiatique. Et Denis Bourquin d’ajouter. « D’ailleurs, nous ne sommes pas les seuls importateurs suisses à avoir pris une telle décision».

Cela dit, les importations d’essences tropicales – qui avaient sensiblement diminué au cours des années 80 et 90 – ont repris l’ascenseur depuis trois ou quatre ans.

Le bois tropical est très rentable

«Entre 1997 et 2000, les importations de bois rond ont grimpé de 5000 à 7000 mètres cubes, confirme Andreas Semadeni, chef de la division forêts et bois à l’Office fédéral de l’environnement, des forêts et du paysage. Mais elles restent toutefois minimes. La quantité de bois coupé en Suisse chaque année est presque cent fois plus importante.»

Mais, à ces chiffres, il faut ajouter le mobilier et surtout le bois scié. L’an dernier, la Suisse a importé 9000 tonnes de planches de bois tropical, contre 7000 tonnes trois ans auparavant. A titre de comparaison, l’industrie suisse fourni quelque 2 millions de tonnes de planches par année.

La Suisse produit d’ailleurs suffisamment de bois pour réponde à ses besoins. Un tiers de sa production est même exportée à l’étranger. «Mais nous ne pouvons pas nous passer des bois tropicaux explique, Denis Bourquin. Pour les aménagements extérieurs notamment, ces matériaux garantissent une meilleure durabilité.»

D’un point de vue purement économique, les bois tropicaux présentent des avantages non négligeables. «Ils ne sont pas nécessairement moins chers à l’achat, dit Denis Bourquin. Mais leur rentabilité est meilleure. Leur structure et leur volume entraîne des pertes moins importantes.»

Dans le collimateur de Greenpeace

Les entreprises qui ont renoncé à importer de grosses quantités d’essences tropicales sont donc les exceptions qui confirment la règle. Et les organisations écologiques ont du pain sur la planche.

D’ailleurs, il y a quelques jours, des militants de Geenpeace ont mené une opération contre le principal fabricant helvétique de portes. L’organisation reproche à Brunegg SA de consommer chaque année quelque 1200 m3 de bois tropical pour la fabrication de ses 150 000 portes.

Greenpeace affirme en outre que Brunegg SA achète du bois dont la provenance n’est pas certifiée par le label du Conseil international de gestion forestière (FSC). Un label qui garantit une exploitation respectueuse de l’environnement et des populations locales.

La société Brunegg SA rétorque que les essences tropicales ne représente que 7% des matériaux utilisés pour sa production. Elle ajoute que les bois tropicaux qu’elle importe sont certifiés par un autre label, celui de la fondation Keurhout. Une fondation reconnue par le gouvernement des Pays-Bas.

swissinfo/Vanda Janka

Les plus appréciés

Les plus discutés

En conformité avec les normes du JTI

Plus: SWI swissinfo.ch certifiée par la Journalism Trust Initiative

Vous pouvez trouver un aperçu des conversations en cours avec nos journalistes ici. Rejoignez-nous !

Si vous souhaitez entamer une conversation sur un sujet abordé dans cet article ou si vous voulez signaler des erreurs factuelles, envoyez-nous un courriel à french@swissinfo.ch.

SWI swissinfo.ch - succursale de la Société suisse de radiodiffusion et télévision

SWI swissinfo.ch - succursale de la Société suisse de radiodiffusion et télévision