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Lutte contre la pauvreté : les bilans sont décevants

La Place des Nations, une fois encore, sera le lieu privilégié des protestations populaires. Keystone

Avant de franchir un «nouveau pas vers le développement social», puisque tel est son slogan, le Sommet social de Genève se doit de faire l´inventaire des réussites et des échecs qui jalonnent les cinq années de l´après-Copenhague. La déception domine.

Le Sommet de Copenhague, en 1995, avec les dix engagements de sa déclaration finale, a marqué «le début d’une culture politique du progrès social». Ce jugement porte la signature d’un ambassadeur chilien, Cristian Maquieira, qui a présidé le comité chargé par l’Assemblée générale de l’ONU de préparer ce rendez-vous spécial de Genève.

Mais, avec John Langmore, qui dirige la division des politiques sociales et du développement social de l’ONU, il faut bien admettre que les résultats de l’après-Copenhague ne sont pas encourageants. La mondialisation est sans doute porteuse d’espoirs pour beaucoup de gens, mais pour le moment elle pèse de tout son poids sur la vie sociale: «les bénéfices de la nouvelle économie échappent encore à la majorité de la population mondiale», écrivait-il l’autre jour dans un journal genevois.

La déception s’aggrave quand on voit nombre de gouvernements donner l’impression de se désintéresser de ce genre d’analyses. Le secrétariat général de l’ONU avait demandé à chacun d’eux de faire rapport sur l’application des résolutions prises à Copenhague. Près des deux tiers des pays ayant participé Sommet ont négligé de le faire à temps, parmi eux les États-Unis et le Royaume-Uni, le Brésil, l’Inde et l’Afrique du Sud.

Les conclusions du rapport de l’ONU ne portent donc pas à l’optimisme. «Le développement social a été mis à rude épreuve», lit-on à sa première ligne. Certes, on prend de plus en plus conscience qu’il faut «concilier» les politiques sociales et les politiques économiques. Des progrès ont été faits. Mais, amer constat, «l’inégalité a augmenté partout» et les ressources que l’on devrait mettre au service du développement social sont à la baisse. Sur les quatre milliards et demi d’habitants des pays en développement, une personne sur cinq s’endort en ayant faim, une sur quatre n’a pas de vrai toit, une sur trois n’a pas d’eau potable.

On a dès lors envie de donner raison à Christian Comeliau, professeur en économie du développement à Genève, quand il met en parallèle «la dégradation accélérée de la situation sociale dans le monde et la prolifération des incantations solennelles en faveur de la lutte contre la pauvreté». D’un côté, peu de résultats convaincants. De l’autre, une «rhétorique conventionnelle d’organisations en mal de justifications et d’idées neuves». La lutte contre la pauvreté serait-elle sans espoir?

Bernard Weissbrodt

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