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Un soutien mais pas de cash pour Swiss

Swiss n'obtiendra pas d'aides financières directes de la part du gouvernement. Keystone

L'aide du gouvernement se limitera à des mesures d'accompagnement qui devraient aider Swiss à évoluer dans un environnement difficile.

Cette décision est généralement conforme aux attentes des partis politiques et de l’Union européenne (UE).

Le gouvernement (Conseil fédéral) ne comblera pas le trou financier creusé chaque jour davantage par Swiss. Il se borne à établir des conditions-cadres qui devraient faciliter l’administration quotidienne de la compagnie aérienne.

C’est, en substance, le message adressé par le gouvernement aux dirigeants de Swiss, au lendemain de l’annonce d’un plan de restructuration drastique qui prévoit la réduction d’un tiers de la voilure de la compagnie.

Le gouvernement ne sort pas de liquide

Certes, le ministre des Transports Moritz Leuenberger déplore le «coup dur» porté aux personnes qui vont perdre leur emploi et aux régions concernées.

Mais le gouvernement considère cette restructuration comme «un mal nécessaire à la survie de la société».

Et il n’est pas prêt à offrir une nouvelle aide financière massive à la compagnie, comme ce fut le cas lors de la débâcle de Swissair.

«Swiss n’est pas seule», souligne Moritz Leuenberger. Qui rappelle que toutes les compagnies aériennes subissent les contrecoups des effets cumulés de la crise économique, de la guerre en Irak et de l’épidémie de pneumonie atypique (SRAS).

Raison pour laquelle, l’Etat fédéral n’agira, cette fois, que sur le cadre structurel au sein duquel Swiss évolue.

Des exonérations pour près de 7 millions

Outre l’abolition de l’impôt sur les huiles minérales (kérosène) sur certains vols intérieurs, les autorités prendront à leur compte les frais des vols dits spéciaux.

Il s’agit, en l’occurrence, du coût du rapatriement des personnes qui n’ont pas été autorisées à pénétrer en Suisse.

Pour Swiss, le gain financier est plutôt modeste. Il s’élève en effet à quelque 7 millions de francs par an (6 millions pour l’exonération d’impôt et 900 000 francs pour les rapatriements).

Le gouvernement n’a, par ailleurs, pris aucune décision sur l’éventualité d’accorder à Swiss des garanties contre les risques à l’exportation. Une mesure compliquée juridiquement qui risquerait d’irriter les Quinze.

En effet, pour la Commission européenne, l’injection de nouvelles liquidités du gouvernement helvétique au sein de Swiss constituerait une entorse aux règles de la concurrence.

De même, le gouvernement ne s’est pas prononcé sur une éventuelle «Letter of Comfort» (recommandation sans engagement destinée à améliorer les conditions d’achat de nouveaux avions) qu’il pourrait accorder à la compagnie.


Bref, le message délivré mercredi par le gouvernement est on ne peut plus clair.

C’est à Swiss – compagnie privée à laquelle la Confédération ne participe qu’à hauteur de 20% – qu’il revient de «tout mettre en œuvre pour survivre sur un marché mondial en proie à une forte concurrence».

Le replacement s’annonce difficile

Le gouvernement a en outre annoncé des mesures d´accompagnement en faveur des 3000 employés touchés par la restructuration de Swiss.

En collaboration avec la compagnie aérienne et les cantons concernés, le Secrétariat d’Etat à l’économie (seco) s’emploiera à mettre en place une structure qui permettra de «prévenir les cas de détresse résultant de ce redimensionnement».

Le seco mettra, entre autres, en place une bourse de l’emploi interne à Swiss.

Concernés au premier chef, les Offices régionaux de placement (organes étatiques chargés d’assister les chômeurs dans leurs démarches pour retrouver un emploi) estiment qu’ils sont en mesure de faire face à cet afflux de demandeurs.

Mais, compte tenu de la situation tendue qui anime déjà le marché de l’emploi, replacer la totalité du personnel licencié demeure une tâche extrêmement ardue.

Enfin, à l’exception de quelques bémols du côté des démocrates-chrétiens et des verts, les partis politiques suisses soutiennent largement les mesures anoncées mercredi par le gouvernement.

swissinfo et les agences

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