Bangladesh: incendie meurtrier dans une usine textile
(Keystone-ATS) Au moins huit personnes ont péri jeudi dans l’incendie d’une usine textile au Bangladesh. Ce nouveau drame, qui survient deux semaines après l’effondrement d’un immeuble abritant des ateliers de confection ayant fait près de 950 morts, illustre les problèmes de sécurité dans ce secteur-clé.
L’incendie s’est déclaré pour une raison encore indéterminée dans la nuit de mercredi à jeudi au 3e niveau d’un immeuble qui en compte onze et abrite deux ateliers de confection, dans le quartier Darussalam de la capitale, Dacca.
Les victimes sont mortes par asphyxie, piégées dans un escalier par «de la fumée toxique émise par des vêtements en acrylique», a indiqué le directeur opérationnel des pompiers du Bangladesh.
Selon le chef de la police locale, l’incendie a fait huit victimes «dont le propriétaire, quatre employés» et deux policiers. La huitième victime n’était pas encore identifiée, mais aucun ouvrier n’a été tué car l’usine ne fonctionnait pas de nuit, selon la police et les pompiers.
L’usine de pull-over Tung Haig Hai a indiqué sur sa page Facebook que la marque britannique Primark figurait parmi ses clients. Le géant espagnol Inditex, propriétaire de la marque Zara, a indiqué lui avoir passé des commandes dans le passé mais assure ne plus avoir aucun lien avec Tung Hai.
Bilan du bâtiment effondré à 950 morts
Ce nouveau drame survient alors que le bilan de l’effondrement d’un immeuble du secteur textile le 24 avril près de Dacca ne cesse de s’alourdir: l’armée a annoncé jeudi que le bilan était désormais de 947 morts.
Les conditions de travail et les normes de sécurité dans l’industrie textile sont dénoncées depuis des années par les ONG. La Clean Clothes Campaign, une association de défense des travailleurs de la branche, affirme que plus de 700 employés de la confection sont morts dans des incendies au Bangladesh depuis 2006.
Le Bangladesh s’est récemment engagé auprès de l’Organisation internationale du travail (OIT) à prendre des mesures immédiates pour renforcer la sécurité dans les ateliers. Les marques occidentales ont critiqué les conditions de sécurité insuffisantes des ouvriers mais elles continuent de passer commande auprès des usines, suscitant des critiques sur leur double discours.