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Des affiches de campagnes politiques

Aujourd’hui en Suisse

Chères lectrices, chers lecteurs,

En Suisse, les parlements des jeunes permettent aux moins de 18 ans, parfois même aux enfants, d’apprendre à connaître les rouages de la démocratie. Un sujet que l’école tend à négliger. Étonnant pour la Suisse, championne des votations populaires.

Aussi dans cette sélection du jour: un sondage sur le langage inclusif, la convocation de l’ambassadrice de Suisse en Iran, et la bataille entre un géant américain et une petite brasserie alpine.

Bonne lecture,

Des affiches de campagnes politiques
Keystone / Laurent Gillieron

Pour voter en Suisse, il faut avoir plus de 18 ans. Pas de limite, en revanche, pour rejoindre un parlement des jeunes et ainsi se familiariser avec la politique.

Pour les enfants et les adolescents, rejoindre ces organisations est l’une des seules options – avec les partis des jeunes et les mouvements de protestation – pour s’engager politiquement. En Suisse, il existe plus de 80 de ces structures qui permettent aussi aux jeunes d’acquérir des compétences.

«Au parlement des jeunes, on peut apprendre beaucoup: le réseautage, la rédaction de communiqués de presse, l’art de parler en public. Des choses que l’on n’apprend pas à l’école», déclare Tarik, un membre du Parlement des jeunes de Soleure. Cet engagement permet de combler les lacunes du système éducatif.

«Il n’existe aucun instrument au niveau fédéral pour promouvoir l’éducation politique à l’école», regrette Stefanie Bosshard, directrice de la Fondation suisse pour la démocratie. Selon elle, la Confédération et les cantons se renvoient mutuellement la balle dans le domaine de la formation politique.

Résultat: les jeunes doivent compter sur eux-mêmes pour maîtriser le langage et les mécanismes de la politique. Du côté des autorités, la consultation des parlements des jeunes permet une meilleure compréhension de leurs intérêts.

  • Lire le reportage à Berne de mes collègues Renat Kuenzi, Céline Stegmüller et Vera Leysinger
Une manifestation de la grève des femmes
© Keystone / Martial Trezzini

Le débat sur le langage inclusif intéresse peu les Suisses. Un sondage réalisé pour le groupe Tamedia le révèle.

Seules 23% des 35’754 personnes sondées (dont 7763 en Suisse romande) le jugent «important» ou «plutôt important». Parmi les personnes qui y sont le moins sensibles («pas important»): les hommes (70%), les personnes de plus 65 ans (62%) et les Suisse romands (63%).

Mais en pratique, dans la langue parlée, les résultats sont plus nuancés. Ainsi, seules 17% des personnes sondées affirment «toujours» utiliser le masculin pour désigner des hommes et des femmes. À l’écrit, le point médian ne convainc cependant que 9% des Suisses·ses.

Des résultats qui ne reflètent pas une indifférence aux inégalités, mais plutôt un scepticisme quant à façon de résoudre le problème, analyse Louis de Saussure, professeur à l’Université de Neuchâtel. Pourtant, explique-t-il, des études montrent qu’écrire une offre d’emploi au masculin et au féminin permet la candidature de plus de femmes.

Une manifestation contre le régime iranien
© Keystone / Martial Trezzini

Un tweet vaut une convocation à l’ambassadrice de Suisse en Iran. Un reflet de la difficulté pour Berne d’y défendre les droits humains.

Posté vendredi, le message «condamne avec force» l’exécution de trois hommes liée aux récentes manifestations. L’ambassadrice suisse y appelle les autorités iraniennes à «prendre des mesures pour réduire le recours à la peine de mort». Un drapeau iranien datant d’avant la révolution de 1979 peut également y être aperçu.

En réponse, Téhéran a critiqué «la position interventionniste de la Suisse» dans les affaires du pays et convoqué l’ambassadrice suisse. Le ministère iranien des Affaires étrangères lui a fait savoir son «niveau d’insatisfaction» et a souligné que telle attitude n’est «pas compatible avec les relations amicales» qu’entretiennent les deux pays.

L’ambassade de Suisse en Iran joue un rôle important. Depuis la rupture des relations diplomatiques entre Téhéran et Washington en 1980, la Confédération représente les intérêts américains en Iran – c’est l’un de ses mandats de puissance protectrice. En 2023, au moins 209 personnes ont été exécutées en Iran, selon l’ONU.

Image d illustration de la marque américaine Monster
Ap Images

Et pour finir, une histoire insolite de Blick: le combat (perdu) du géant américain de la boisson énergétique «Monster» contre une petite brasserie grisonne.


«Monsteiner depuis 2000»: le slogan de la brasserie de Monstein, proche de Davos, au chiffre d’affaires de 1,5 million de francs n’a guère plu aux Californiens de Monster Energy (chiffre d’affaires de 5,7 milliards de francs). Le jugeant trop proche de leur propre marque, ces derniers ont récemment attaqué Monstein auprès de l’Institut fédéral de la propriété intellectuelle (IPI) à Berne, comme le révélait la Suedostschweiz.

«Nous avons trouvé très particulier qu’un si grand groupe s’en prenne à une petite brasserie de montagne», avoue Hans Peter Hoffmann, président de la brasserie. Heureusement pour lui, l’IPI a tranché en sa faveur estimant que tout «risque de confusion peut être exclu». Une revanche pour les produits suisses? Une cour d’appel américaine a récemment décidé que le gruyère faisait partie du vocabulaire commun…

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