Aujourd’hui en Suisse
Bonjour à vous,
Chères lectrices et chers lecteurs. Ici Pauline, qui vous écrit depuis Berne.
Alors que les élèves des cantons de Vaud et Genève faisaient aujourd’hui leur rentrée dans un contexte bouleversé par les mesures sanitaires, et que la France pourrait être placée sur la liste suisse des pays «à risques», on se penche sur la manière dont le coronavirus est en train de gagner les musées. Si elle semble encore loin d’appartenir au passé, la pandémie fait déjà incontestablement partie de l’Histoire.
Du nouveau dans l’affaire du procureur général de la Confédération Michael Lauber: son immunité a été levée, permettant l’ouverture d’une procédure pénale à son encontre.
En ce 24 août, on vous parle aussi d’environnement, avec un premier bilan plutôt morose de cet été sur le front des glaciers alpins, et des aides publiques qui se font au détriment de la biodiversité.
Excellente lecture,
La France a dépassé le seuil d’infections au coronavirus toléré par la Suisse, d’après 24 Heures et la Tribune de Genève. L’Hexagone aurait recensé 67 cas de coronavirus pour 100’000 habitants sur une période de quatorze jours, excédant le seuil des 60 cas fixé par l’Office fédéral de la santé publique (OFSP) pour qu’un pays soit considéré «à risque».
La quarantaine sera-t-elle bientôt obligatoire au retour de France? «C’est une possibilité», concédait déjà vendredi le porte-parole de l’OFSP. Les autorités sanitaires helvétiques étudient encore la situation, indiquent les journaux régionaux. Si tel était le cas, des exceptions seraient toutefois prévues pour les travailleurs frontaliers essentiels, d’après l’article.
Toujours omniprésent dans l’actualité, le coronavirus fait aussi déjà son entrée dans les musées. Il a intégré les collections de diverses institutions en Suisse romande et alémanique. La Covid-19 n’est pas encore de l’histoire ancienne, mais «nous sommes tous d’accord pour dire que nous vivons un moment historique», résume une responsable du Musée d’Histoire de Berne (BHM).
«Tout le monde a vécu ce semi-confinement, tout le monde devient un témoin»: c’est ce que constate le directeur du Musée d’Art et d’Histoire de Fribourg (MAHF), qui s’est engagé par exemple dans une démarche de récolte de témoignages. Le BHM, lui, a invité la population à lui envoyer des objets symbolisant cette période si particulière.
- La France dépasse le seuil d’infections toléré par la Suisse – l’article (réservé aux abonnés) dans la Tribune de GenèveLien externe et 24 HeuresLien externe
- Covid-19: toujours d’actualité et déjà au musée – l’article de mon collègue Jérôme Favre
- Coronavirus: la situation en Suisse
- Le suivi de la pandémie en Suisse par nos confrères de RTSinfo.chLien externe
Plus
L’immunité du procureur général de la Confédération Michael Lauber a été levée. Les commissions compétentes des Chambres fédérales ont pris cette décision aujourd’hui, et elle est définitive. C’est la première fois qu’un haut magistrat de la Confédération fait l’objet d’une telle mesure.
La levée de l’immunité était la condition sine qua non à l’ouverture d’une procédure pénale. Les motifs: soupçon d’abus d’autorité, de violation du secret de fonction et d’entrave à l’action pénale dans le cadre des rencontres entre Michael Lauber, le président de la Fifa Gianni Infantino et le premier procureur du Haut-Valais Rinaldo Arnold. Ces derniers sont déjà visés par une procédure.
Le procureur fédéral extraordinaire Stefan Keller avait réclamé fin juillet la levée d’immunité de Michael Lauber. Selon ses conclusions, il existe des «éléments constitutifs d’un comportement répréhensible» en rapport avec ces rencontres, qui n’ont pas été consignées et dont les motifs réels ne sont toujours pas connus.
Michael Lauber, quant à lui, avait annoncé sa démission le 24 juillet à la surprise générale. Il pourra quitter son poste dès le 31 août. Le prochain procureur général sera élu par l’Assemblée fédérale, au plus tôt lors de la session d’hiver. D’ici là, les affaires de Michael Lauber seront reprises par ses deux adjoints.
- Levée de l’immunité du procureur de la Confédération Michael LauberLien externe – l’article de nos collègues de RTSinfo.ch
- La page Lauber se tourne pour le parquet fédéralLien externe – l’article de notre consoeur du Temps
- Empêtré dans le scandale de la FIFA, le premier procureur du pays jette l’éponge – l’article de mon collègue Frédéric Burnand
- Corruption à la FIFA: 25 procédures pénales et un procureur sur la sellette – l’article de ma collègue Marie Vuilleumier
2020 peut déjà être considéré comme un mauvais millésime pour les glaciers alpins. Certes, l’été en cours a jusqu’ici été relativement épargné par les chaleurs accablantes. Des mesures intermédiaires effectuées sur six glaciers montrent d’ailleurs que la situation y est meilleure que ces deux dernières années, qui étaient extrêmes.
Une nette réduction de la masse des glaciers a toutefois été observée. En effet, les températures de l’air ont eu beau être plus basses qu’en 2018 et 2019, le manteau neigeux – qui protège les glaciers des rayons du soleil – n’était pas aussi épais à la fin de l’hiver, d’après le directeur du réseau des relevés glaciologiques suisse.
Les images témoignent plus concrètement que les chiffres du changement en cours dans les Alpes. Depuis plus de dix ans, les passionnés Daniela et Simon Oberli documentent le recul des glaciers en permettant de comparer des photographies prises à quelques années d’intervalle. Le résultat est saisissant.
Le volume des glaciers alpins a diminué de presque 60% depuis 1850. Et selon une étude de l’Université d’Erlangen-Nuremberg, publiée dans la revue Nature Communication, la plus grande perte de masse glaciaire a été enregistrée dans les Alpes suisses.
- Encore une mauvaise année pour les glaciers alpins – l’article de mon collègue Luigi Jorio
- Point fort: Pourquoi la fonte des glaciers nous concerne tous
- Le site GletscherVergleiche.chLien externe de Daniela et Simon Oberli
- Au temps des glaciersLien externe – le grand format multimédia de nos confrères de RTSinfo.ch
Certaines aides publiques nuisent à la biodiversité. C’est le constat d’une étude de l’Institut de recherche WSL et du Forum Biodiversité de l’Académie suisse des sciences naturelles présentée aujourd’hui. Elle affirme qu’au moins 162 subventions accordées par la Confédération, les cantons et les communes sont concernées, pour un total estimé à 40 milliards de francs par an.
Les secteurs sont très variés. Les aides concernent principalement les domaines des transports, de l’agriculture, de la production d’énergie et du développement urbain, mais aussi l’industrie métallurgique ou du ciment par exemple.
Un tiers des espèces animales et végétales et près de la moitié des types de biotopes suisses sont menacés. Or, dans le cadre de la Convention sur la diversité biologique, la Suisse s’est engagée à supprimer, réduire ou réformer d’ici 2020 de telles incitations financières qui nuisent à la biodiversité.
Pour les auteurs, la moitié des subventions incriminées devraient être purement et simplement supprimées. Ils pointent en particulier certains allègements d’impôts et des rabais sur les huiles minérales. L’autre moitié ne devrait être accordée que si son innocuité sur la biodiversité est démontrée.
- Plus de 160 subventions affectent la biodiversité en Suisse – le lien vers l’étudeLien externe
- Certaines aides de l’Etat nuisent à la biodiversité, affirme une étudeLien externe – l’article de RTSinfo.ch
- Ces subventions qui nuisent à la biodiversité suisseLien externe – l’article de Heidi.news (réservé aux abonnés)
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