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Des passagers portant le masque dans les transports publics à Genève.

Aujourd’hui en Suisse

Chères lectrices, chers lecteurs,

L’inquiétude monte dans les cantons voisins de la France, alors que la Confédération envisage de placer l’Hexagone sur sa liste des pays au retour desquels une quarantaine est exigée. Dans l’agglomération genevoise, on craint qu’une telle décision n’ait des conséquences terribles pour l’économie, déjà lourdement affectée par la crise du coronavirus. De nouveaux chiffres de l’emploi sont d’ailleurs parus aujourd’hui, et ils ne sont pas bons.

Egalement au menu de cette sélection du jour, un regard sur l’histoire des nombreuses votations liées à l’armement -une spécificité helvétique- et sur l’usage que les ados font de leurs nombreux écrans.  

Très bonne lecture,

Des passagers portant le masque dans les transports publics à Genève.
Des passagers portant le masque dans les transports publics à Genève. Keystone / Salvatore Di Nolfi

Les rumeurs d’un placement de la France sur la liste suisse des pays en zone rouge pour la Covid-19 se font persistantes. On vous en parlait déjà hier et, évidemment, le scénario de la quarantaine inquiète beaucoup les cantons frontaliers. Dans un article titré «La fermeture des frontières menace Genève», la Tribune de Genève redoute la «mise sous cloche de facto» du canton.


Soumettre les frontaliers à une quarantaine pourrait être désastreux pour l’économie genevoise, écrit le quotidien. La Tribune de Genève rappelle que le canton emploie près de 80’000 frontaliers, et que ces derniers occupent environ 40% des emplois dans la santé. Et plus d’un tiers du personnel des TPG, les transports publics de l’agglomération, habite en France voisine.

Pour le conseiller d’Etat genevois Mauro Poggia, il serait absurde de procéder à une «application stricte». «Un travailleur frontalier ne peut pas être mis en quarantaine par une décision suisse qui ne s’applique que sur son territoire», a-t-il dit hier dans l’émission Forum de la RTS. Le ministre jurassien de l’Economie et de la Santé Jacques Gerber s’inquiète pour sa part d’une «situation inédite».

Aucune décision n’a encore été prise à ce stade. D’après la RTS, la Confédération est en contact avec les autorités françaises et les cantons pour discuter de la façon dont ces mesures pourraient être appliquées. Les cantons romands devraient être fixés dans les jours qui viennent.

Une agence pour l emploi à Berne (image d illustration).
Une agence pour l’emploi à Berne (image d’illustration). Keystone / Peter Klaunzer

Tous les indicateurs de l’emploi en Suisse sont en recul en raison de cette crise. Au deuxième trimestre, le nombre total de places de travail a reculé de 0,6% par rapport à la même période l’an passé, et de 1,1% par rapport au premier trimestre, selon les chiffres publiés aujourd’hui par l’Office fédéral de la statistique (OFS). L’évolution est négative dans toutes les régions.


En un an, ce sont 22’500 places vacantes qui ont été perdues (-30%) toutes branches confondues. Le recul a touché aussi bien les secteurs secondaire que tertiaire. Selon l’OFS, l’hébergement et la restauration, mais aussi le travail temporaire, comptent parmi les secteurs particulièrement affectés.

Les perspectives d’emploi ne sont guère plus optimistes. Au 2e trimestre, les entreprises qui prévoyaient de maintenir leurs effectifs au 3e trimestre représentaient un peu moins de 71% de l’emploi total, contre 72,4% il y a un an. 8,9% prévoyaient de les augmenter (contre 11,2% l’an passé). Quant à celles qui envisageaient de réduire leur personnel, elles représentaient 7% des emplois, contre 3% en 2019.

Un nouveau recul de l’emploi est à prévoir au trimestre prochain – compte tenu de la forte baisse de l’indicateur des prévisions d’évolution de l’emploi. Un corollaire plus positif toutefois: il est moins difficile de recruter du personnel qualifié.

Une manifestation en faveur de l achat de nouveaux avions de combat en mai 1993 devant le Parlement fédéral à Berne.
Une manifestation en faveur de l’achat de nouveaux avions de combat en mai 1993 devant le Parlement fédéral à Berne. Keystone / Str

Le 27 septembre, les Suisses s’exprimeront sur un crédit de 6 milliards de francs pour l’achat de nouveaux avions de combat. Cet objet représente comme aucun autre la démocratisation de la politique de sécurité suisse depuis les années 1970. Comme l’écrit mon collègue Renat Kuenzi, «la démocratie directe vole dans chaque avion de chasse suisse».


Il y a un un «fort intérêt du public» à s’exprimer sur ce sujet. C’est le constat de la politologue Diane Porcellana. Plus de 55% des citoyens ont participé aux votes sur l’«Initiative contre les nouveaux avions de chasse» en 1993 et sur l’achat du «Gripen» en 2014. Ces chiffres sont parmi les plus élevés des cinquante dernières années, soulève-t-elle.

Le fait que les citoyens se prononcent sur toutes les propositions d’armement est une spécificité de la Confédération. Depuis 1977, le peuple a été sollicité 24 fois sur divers projets de l’armée. Et il ne s’est opposé aux recommandations du gouvernement et du Parlement que quatre fois.

L’initiative de 1989 visant à abolir l’armée a joué un rôle particulier dans la démocratisation. «Bien qu’[elle] n’ait récolté que 35,6% de voix favorables, elle a déclenché de nombreuses réformes», pointe le politologue Marc Bühlmann. Elle est un exemple de la façon dont une initiative populaire peut être couronnée de succès même sans victoire dans les urnes.

Des adolescents et leurs smartphones, à Zurich.
Des adolescents et leurs smartphones, à Zurich. © Keystone / Christian Beutler

Un jeune sur dix en Suisse a déjà été harcelé sur les réseaux sociaux. On l’apprend aujourd’hui dans une étude nationale menée par Addiction Suisse, sur les usages que les jeunes font d’internet. Selon ce rapport, plus de 11% des filles et 6% des garçons de 11 à 15 ans ont été harcelés au moins une ou deux fois dans l’espace virtuel au cours des derniers mois.


Ils sont environ un quart à utiliser souvent les réseaux sociaux comme Snapchat, Instagram ou Twitter comme échappatoire à des sentiments négatifs. C’est, là encore, davantage le cas des filles que des garçons. Plus de la moitié des ados discutent en ligne plusieurs fois par jour voire toute la journée, mais la majorité préfère les face-à-face pour discuter de leurs sentiments ou de leurs soucis.

Près de 4% des ados interrogés présentent un usage problématique de ces plateformes. Concrètement, cela peut signifier être obsédé par les réseaux sociaux, être mécontent ou se sentir mal si on ne peut pas les utiliser, négliger d’autres activités ou encore entrer en conflit avec des proches à ce propos.

Selon Addiction Suisse, la Suisse s’en sort relativement bien en comparaison avec les autres pays. L’enquête HBSC («Health Behaviour in School-aged Children») est réalisée dans plusieurs pays tous les quatre ans, sous l’égide de l’Organisation mondiale de la santé.


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