Aujourd’hui en Suisse
Chères et chères Suisses du monde,
Le Portugal remporte nettement le match face à la Suisse et finit même champion du monde. Ce n’est pas du football, mais de la vaccination contre la Covid-19. Alors, il y a forcément un truc – en fait, il y en a plusieurs. Mais lesquels?
C’est ce que nous vous invitons à découvrir, avec également les péchés climatiques de la Suisse, petit pays à la grosse empreinte carbone, qui doit profiter de la COP26 pour repenser sa politique de réduction des émissions de gaz à effet de serre.
Bonne lecture,
Au Portugal, environ 98% des plus de 25 ans et 85% des jeunes ont reçu deux doses de vaccin. En Suisse, on arrive péniblement à 72%, un des taux les plus bas d’Europe. La mobilisation des antivax n’explique pas tout, d’autant que les Portugais étaient particulièrement réticents au début de la pandémie, avant que les vaccins ne soient disponibles.
Les Portugaises et les Portugais ont une très grande confiance dans leur système de santé publique. Et cette confiance s’étend également aux commissions nationales de vaccination et à leurs recommandations. Par ailleurs, les conséquences dramatiques de la propagation de la poliomyélite et de la rougeole au 20e siècle ont davantage marqué les esprits au Portugal qu’en Suisse.
La façon dont la prise en charge est organisée au Portugal joue aussi un rôle: chaque personne est attribuée à l’un des innombrables centres de santé de proximité, et s’y voit attitrer un ou une médecin, ainsi qu’un infirmier ou une infirmière. Il peut directement les contacter, que ce soit en cas de grippe, de perturbations menstruelles ou de vaccination à effectuer.
Autre facteur décisif: la campagne portugaise de vaccination a été menée de manière centralisée et énergique par un vice-amiral de la marine. Rien de tel en Suisse, où ls structure fédéraliste a freiné les efforts et où la campagne a souffert de relatif manque d’engagement de la part de personnalités de show-biz ou du sport.
- L’article de ma collègue Ümit Yoker
- Coronavirus: la situation en Suisse – actualisé régulièrement
Les trois restaurateurs anti-pass sanitaire de Zermatt ont été relâchés. L’affaire a fait grand bruit bien au-delà des frontières suisses. Arrestation musclée, soupçons d’appartenance à une mouvance complotiste, manifestations de soutien virulentes, entrée du restaurant barrée par des blocs de béton: la station chic des Alpes valaisanne se serait bien passée de ce genre de publicité.
«WWG1WGA», sigle anglais de la devise «Où l’un d’entre nous va, nous y allons tous» affiché au balcon de l’établissement: c’est le slogan de ralliement du mouvement QAnon. Ces complotistes, américains à la base, ont fait des adeptes partout, dont certains ont déjà été repérés plusieurs fois en Suisse. Pour eux, le monde est dominé secrètement par un réseau sataniste et pédophile, dont il doit être libéré par… Donald Trump.
À Zermatt, toute cette agitation ne fait pas le bonheur des milieux touristiques. En attendant la réouverture de l’établissement rebelle – qui devra cette fois appliquer les consignes sanitaires -, hôteliers, restaurateurs et autorités appellent au calme.
- Les tenanciers rebelles de Zermatt ont longtemps nargué les autoritésLien externe – 24heures (abonnés)
- Zermatt aspire au retour au calmeLien externe – le 19h30 de la RTS
- Le mouvement QAnon a ses adeptes en SuisseLien externe – RTS Info – octobre 2020
La Suisse n’est depuis longtemps plus le bon élève de l’Europe en matière d’environnement. Si l’on parle d’émissions de CO2, son bilan est mitigé, et le pays se réchauffe plus de deux fois plus vite que le reste du monde. Explications en vidéo.
Avoir un des réseaux ferroviaires les plus denses au monde, produire l’essentiel de son électricité par des barrages et recycler ses déchets ne suffit pas. Les Suisses aiment beaucoup leur(s) voiture(s) et leur confort et vivent souvent dans des immeubles mal isolés. Résultat: petit pays, grosse empreinte carbone.
À l’occasion de la COP26, nous avons voulu faire le point sur les sources d’émissions suisses et sur les solutions que le pays met en œuvre pour les réduire. Ceci en deux vidéos didactiques, avec des images légèrement décalées. Voici la première.
- La réalité du changement climatique en Suisse – par mes collègues Michele Andina et Luigi Jori
- Point fort SWI – La Suisse – petit pays, grosse empreinte carbone
- Point fort SWI – Pourquoi la fonte des glaciers nous concerne tous
Plus
Genève ne sera pas la capitale mondiale de la finance durable. La création de nouvelles normes comptables permettant de mesurer l’impact écologique de toute entreprise se fera à Francfort, comme il vient d’être annoncé en marge de la COP26.
Selon plusieurs sources, le choix de Francfort est avant tout politique et Genève ne faisait pas le poids face aux pressions européennes. Le nouvel International Sustainability Standards Board (ISSB) va donc s’installer dans la ville qui abrite déjà le siège de la Banque centrale européenne, avec des antennes en Amérique du Nord, à Londres et en Asie
En 2012, Genève avait déjà vu le siège du conseil exécutif du Fonds vert pour le climat lui passer sous le nez, avant d’emporter en 2018 le siège mondial du réseau des centres financiers durables, battant au passage Shanghai, Londres, Paris, Milan, Dublin et Luxembourg. L’arrivée de ce réseau avait contribué à lancer une dynamique porteuse pour la finance durable dans le canton du bout du lac.
- L’articleLien externe du quotidien Le Temps (abonnés)
- L’articleLien externe du magazine Bilan (abonnés)
- Point fort SWI – La place financière suisse au défi du numérique
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