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Place fédérale

Aujourd’hui en Suisse

Chères et chers Suisses du monde,

«Tout ça pour ça?», serait-on tenté de dire au soir de cette seconde votation sur la Loi Covid. Au mois de juin, les Suisses avaient été 60% à en accepter la première mouture. Six mois plus tard, la proportion passe même à 62%. L’introduction du passe sanitaire (point central de cette nouvelle votation), puis les manifestations, parfois violentes, les insultes et les menaces de mort n’y ont rien fait. Pas plus que les dizaines de milliers d’affiches au bord des routes qui nous menaçaient de surveillance de masse, de vaccination forcée et de discrimination.

Loin de toute cette agitation, la majorité silencieuse a rendu son verdict: deux tiers des citoyennes et citoyens font confiance au gouvernement et à sa manière (plutôt soft en comparaison internationale) de gérer la pandémie. Et de dictature, cette même majorité n’a apparemment pas vu de signe à l’horizon.

Les Suisses ont également été presque deux sur trois à entendre le cri de détresse du personnel infirmier. Et encore plus nombreuses et nombreux à refuser de faire de leur pays le premier au monde à tirer ses juges au sort.

Bonne lecture,

Place fédérale
Keystone / Anthony Anex

Pour la seconde fois cette année, les anti-Loi Covid ont pu se compter au niveau national. Ils et elles sont un peu moins nombreux et nombreuses qu’il y a six mois. La seconde mouture du texte a convaincu 62% des citoyennes et citoyens.


La campagne aura été d’une rare violence, et la tension n’est pas encore retombée. Fait rarissime, la Place fédérale de Berne a été interdite d’accès en ce jour de votation après des appels à une manifestation non autorisée, afin d’éviter tout débordement. Ce qui n’a pas empêché une centaine de personnes de s’y réunir.

C’est principalement l’utilisation du Certificat Covid qui a suscité la polémique. Ce document, qui prouve que son détenteur ou sa détentrice est vacciné, guéri ou testé, sert de sésame pour accéder aux restaurants et aux grandes manifestations, ou pour participer à certaines activités sportives ou culturelles.

Soins infirmiers
Keystone / Peter Klaunzer

Les infirmières et les infirmiers de Suisse ont réussi à faire entendre leur voix. Après l’avoir applaudi au balcon pendant le confinement, les Suisses ont également massivement soutenu le personnel soignant dans les urnes, en acceptant à 61% l’initiative populaire «Pour des soins infirmiers forts».


La pandémie avait jeté une lumière crue sur le quotidien du personnel infirmier, en sous-effectif, stressé et sous-payé. La profession tentait d’alerter le monde politique sur la pénurie depuis près de vingt ans, mais ces appels étaient restés vains jusqu’ici.

La solution proposée par le gouvernement et le parlement, qui avaient élaboré un contre-projet indirect, n’a en revanche pas convaincu. Dans le camp de l’initiative, soutenu par la gauche et la Fédération suisse des médecins, on considérait qu’une offensive sur la formation ne suffit pas. C’est pourquoi il est également prévu une revalorisation des salaires et des conditions de travail.

TribunaL Fédéral
© Keystone / Gaetan Bally

Troisième objet de ce dimanche de votations fédérales, l’initiative sur la justice est rejetée à 68%. Elle avait pour ambition de dépolitiser l’élection des juges du Tribunal fédéral, en demandant qu’elles et ils soient désormais nommés par une commission sur la base de leurs qualifications, puis tirés au sort.


Derrière cette initiative se cachait un riche entrepreneur ayant connu des déboires avec le système judiciaire suisse. Adrian Gasser accusait le Parlement fédéral de «copinage» dans l’élection des juges. Il estimait qu’avec le système actuel, la séparation des pouvoirs ne peut s’exercer en Suisse.

Adrian Gasser aurait investi plus d’un million de francs de sa poche pour tapisser les gares et les bords de routes du pays d’affiches en faveur de l’initiative. L’entrepreneur avait déjà dépensé une somme identique pour la récolte des signatures, alors que le comité opposé n’avait réuni que quelques milliers de francs, pour un site internet et un logo.

Pierre Maudet
Keystone / Martial Trezzini

On votait aussi dans les cantons ce dimanche. À Genève, le peuple a dit oui à deux propositions déposées dans le sillage de l’affaire Maudet. Ainsi, les conseillers et conseillères d’État n’auront plus droit à une rente à vie après huit ans de mandat et il sera désormais possible de destituer un membre de l’exécutif en fonction.


Une fois retirés, les conseillers et conseillères d’État et le chancelier ou la chancelière toucheront 70% de leur dernier traitement durant 24 mois au maximum. C’est ce que prévoit l’initiative des Vert’libéraux, acceptée à presque 55%. Leurs indemnités seront ainsi comparables à celles de l’assurance chômage.

Par ailleurs, la nouvelle procédure d’«impeachment» à la genevoise a convaincu presque 92% du corps électoral. Cette disposition fait suite à l’affaire Maudet et à la crise institutionnelle qu’elle a provoquée pendant deux ans, jusqu’à la démission du magistrat. À l’instar de neuf cantons, dont Neuchâtel, Genève pourra révoquer un membre du Conseil d’État en cas de perte de confiance ou de problème de santé grave.

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