Aujourd’hui en Suisse
Suisses du monde, bonjour,
C’est à Paris que se déroulait l’actualité helvétique du jour. La Cour d’appel de la capitale française a confirmé la condamnation d’UBS, tout en diminuant le montant de son amende. Une décision qui met fin à trois ans de marathon judiciaire, mais qui ne devrait pas trop inquiéter le géant bancaire helvétique.
Après l’Hexagone, cette lettre d’information vous emmènera au Sénégal, où s’est rendue ma collègue Pauline Turuban. Des projets soutenus par la Chaîne du Bonheur aident de jeunes sénégalais à se construire professionnellement.
Bonne lecture,
Épilogue pour «le procès de la Suisse» à Paris: la banque UBS est condamnée en appel, mais son amende se voit réduite. Une affaire qui solde un passé révolu, celui du secret bancaire.
La cour d’appel de Paris a confirmé la condamnation du numéro un bancaire helvétique pour blanchiment aggravé de fraude fiscale et démarchage bancaire illégal. L’établissement s’est rendu coupable d’avoir envoyé des commerciaux suisses en France afin de «chasser» de riches clients de sa filiale française.
Le montant total réclamé a toutefois été revu à la baisse à 1,87 milliard de francs. Un jugement moins sévère qu’en première instance ou l’établissement financier avait écopé de 3,9 milliards de francs. La raison de cette réduction de peine: la Cour de cassation a changé la base de calcul d’une amende en cas de blanchiment de fraude fiscale.
UBS en prend donc cher mais… cela devrait ne devrait pas mettre la banque suisse en danger. En effet, depuis le début de l’année, elle a déjà engrangé 5,5 milliards de francs de bénéfices. L’image de marque de l’établissement ne devrait même pas être trop écornée. «En France peut-être, mais pas ailleurs», note le journaliste Yves Genier, auteur de «La fin du secret bancaire».
- Lire l’article sur le jugement
- Historique de l’affaire par notre correspondant à Paris Mathieu van Berchem
- Notre article d’archive «Le secret bancaire reste un modèle d’affaire pour les banques suisses»
Le choix de la Suisse de ne pas acheter l’avion de combat français Rafale continue de cristalliser les tensions au sein du Conseil fédéral. De nouveaux éléments d’explication sont révélés par une enquête du journal 24 heures.
Le ministre des Affaires étrangères Ignazio Cassis et celui des Finances Ueli Maurer ont continué d’avoir des contacts jusqu’au bout avec la France avant qu’elle ne perde, selon 24 heures. La ministre de la Défense Viola Amherd avait pourtant demandé à la mi-mai de cesser les négociations politiques avec l’Hexagone.
L’attitude d’Ignazio Cassis et Ueli Maurer expliquerait la rancœur de Paris et les tensions entre les membres du gouvernement. Les deux ministres auraient continué à avoir des contacts, en particulier avec la France, au sujet de compensations politiques contre l’achat du Rafale.
«Je ne peux parler que pour mon département. Mon département n’a plus eu de contact depuis mi-mai avec les pays producteurs», avait déclaré en octobre Viola Amherd, dans un entretien avec le Tages-Anzeiger. Une formulation qui accréditerait le rôle trouble joué par certains membres du collège.
- Lire l’articleLien externe de 24 heures (payant)
- Choisir un autre avion de combat n’est plus possible, dit Viola Amherd
- Le F-35, une option risquée pour la Suisse? L’enquête d’Alexis Rapin à Montréal
La Suisse doit-elle accorder la naturalisation facilitée aux étrangers de deuxième génération? La Chambre haute se penchera à nouveau sur la question mardi.
La motion de la sénatrice verte Lisa Mazzone n’a que peu de chance d’aboutir. Le texte demande de faciliter l’obtention du passeport rouge à croix blanche pour les étrangers de deuxième génération. Plusieurs projets en ce sens ont toutefois déjà été refusés par le peuple. En outre, le gouvernement, par le passé favorable à un tel changement, s’y oppose désormais.
Le sénateur socialiste Paul Rechsteiner plaide, lui, pour l’introduction du droit du sol (jus soli). Toute personne née en Suisse et ayant résidé un certain nombre d’années dans le pays aurait ainsi droit au passeport suisse. Le Conseil des États examinera aussi cette proposition.
La Suisse reste l’un des pays les plus restrictifs au monde en matière de naturalisation. «La naturalisation en Suisse est relativement lourde pour les personnes candidates. Il y a une sorte de découragement qui est un petit peu problématique dans une population qui compte 25% d’étrangers», a estimé lundi le démographe Philippe Wanner, interviewé par la RTS.
- Le sujetLien externe de la RTS
- Les critiques de l’Observatoire du droit d’asile et des étrangers
- Notre article: «Obtenir le passeport suisse, un parcours semé d’embûches»
La défense des droits des enfants est au centre de l’action de la Chaîne du Bonheur. L’organisation caritative suisse, qui fête cette année ses 75 ans, a notamment plusieurs projets éducatifs au Sénégal. Ma collègue Pauline Turuban est partie en reportage à Dakar.
«Le métier du métal est un art, c’est ma passion. Mais je ne pouvais pas le faire toute seule, c’est difficile en n’étant pas allée à l’école.» Mariam a pu obtenir son certificat d’aptitude professionnelle grâce au programme d’insertion sénégalais Alphadev, l’un des projets soutenus par la Chaîne du Bonheur dans le pays.
La lutte contre la déscolarisation est également un cheval de bataille pour Alphadev. Dans ce pays d’Afrique de l’Ouest de près de 17 millions d’habitants, environ 1,5 million d’enfants ne vont pas à l’école et, parmi eux, les deux tiers n’y ont jamais été inscrits.
Les mariages et les grossesses précoces des filles sont un autre problème criant au Sénégal. Pour combattre ce fléau, la Chaîne du Bonheur soutient aussi l’ONG sénégalaise Intermondes. Cette dernière gère notamment des projets de promotion de l’éducation sexuelle. «Chez nous, la sexualité est très taboue», déplore la sage-femme Nafiba Diop, directrice d’un poste de santé.
- Lire le reportage au Sénégal de Pauline Turuban
- Notre vidéo sur les projets soutenus par la Chaîne du Bonheur
- Faire un don pour la collecte anniversaireLien externe de la Chaîne du Bonheur
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