Aujourd’hui en Suisse
Chères lectrices, chers lecteurs,
Le football rapporte gros. Il permet même – grâce aux prêts octroyés par la FIFA – de financer certains cantons et certaines villes de Suisse. Mais comme l’organisation zurichoise se retrouve régulièrement enlisée dans des scandales, et qu’elle n’est pas soumise aux mêmes règles que les banques, ces prêts interpellent.
Aussi dans cette sélection du jour: la position ambiguë du «chien de garde» de la Suisse à l’ONU, le maintien du statut d’urgence de santé publique internationale pour le Covid-19 et l’amélioration des perspectives économiques en Suisse.
Bonne lecture,
Plusieurs villes et cantons ont emprunté des dizaines de millions de francs à la FIFA, selon une enquête de la RTS. Ces prêts soulèvent des questions éthiques.
150 millions, 100 millions et 40 millions de francs: voici les sommes empruntées à la FIFA en 2022 par la ville de Genève, le canton de Neuchâtel et Lausanne respectivement. Mi-janvier, les journaux de Tamedia révélaient que la ville de Berne avait elle aussi emprunté quelque 1,8 milliard auprès de l’instance dirigeante du football.
Droits de télévision, contrats de sponsoring: la FIFA est assise sur des milliards de francs. Pour elle, l’octroi de prêts est une alternative plus attrayante aux dépôts bancaires. Le canton de Neuchâtel explique son choix par la nécessité de contracter des emprunts en francs suisses provenant d’organisations soumises à la juridiction suisse. Les conditions avantageuses sont aussi un facteur.
La FIFA est souvent accusée, notamment par la gauche, de ne pas respecter l’environnement et les droits humains. Le fait que des villes et cantons à majorité rose-verte empruntent auprès d’elle interpelle. Surtout que la FIFA, contrairement aux banques, n’est pas soumise au contrôle de l’Autorité de surveillance des marchés financiers. «Quiconque octroie des crédits ou des prêts à grande échelle doit être soumis à la loi sur le blanchiment d’argent», indique la Finma.
«La FIFA n’est pas interdite d’activités en Suisse, ce n’est pas une organisation de malfaiteurs», souligne le ministre neuchâtelois chargé des Finances Laurent Kurth. Il reconnaît toutefois que la question de se passer des prêts de la FIFA pourrait se poser si l’organisation venait à faire l’objet de nouveaux scandales.
- «Genève, Lausanne et le canton de Neuchâtel ont emprunté des millions à la FIFA»Lien externe (RTS)
- «La Ville de Berne a emprunté des fonds à hauteur de 1,8 milliard auprès de la FIFA»Lien externe (RTS)
- «Pourquoi la Suisse reste au cœur des affaires de corruption dans le sport» (swissinfo, Martine Brocard)
Un réseau financé par la Confédération devra surveiller… la Confédération au Conseil de sécurité de l’ONU – étrange? Mon collègue Benjamin von Wyl explore la question.
Depuis le début du mois, la Suisse est membre du Conseil de sécurité de l’ONU. Dans cette instance, les décisions se prennent rapidement. Et la question de la contribution de la société civile à celles-ci – importante dans la démocratie helvétique – est donc épineuse.
Le «réseau multilatéralisme» veut s’assurer que Berne défende sur la scène mondiale le respect des droits humains ou de la démocratie. Des valeurs inscrites dans la Constitution suisse. Il jouera donc le rôle de «chien de garde». Or, le ministère des Affaires étrangères (DFAE) fait partie de ce réseau qu’il finance également.
Faut-il craindre que le groupe perde tout sens critique? Pour Thomas Minder, conseiller aux États sans parti, le manque d’indépendance est un problème. Mais il doute que le réseau ait une profonde influence, puisque des «dizaines d’acteurs et de lobbies dans ce domaine» existent. Le DFAE affirme qu’il n’intervient pas dans le groupe, mais reste à sa disposition pour des informations.
- «La position ambiguë du «chien de garde» de la Suisse à l’ONU» (swissinfo, Benjamin von Wyl)
La pandémie de Covid-19 reste une «urgence de santé publique de portée internationale». L’OMS l’a confirmé lundi.
Son directeur général suit donc les recommandations du Comité d’urgence sur le Covid-19. Ce groupe d’expertes et d’experts indépendants s’était réuni vendredi pour la quatorzième fois depuis le début de la pandémie. Selon lui, la prudence reste de mise même si la pandémie approche «probablement une étape transitoire».
Cela fait trois ans jour pour jour que ce statut prévaut. À l’époque, moins de 100 cas et aucun décès n’avaient encore été enregistrés en dehors de la Chine. Au 27 janvier, plus de 750 millions de cas et 6,8 millions de morts ont été enregistrés, selon l’OMS. Le chiffre réel pourrait être bien plus élevé.
«Ne sous-estimez pas ce virus, il nous a surpris et continuera de nous surprendre et il continuera de tuer», déclarait vendredi le chef de l’OMS. Et de poursuivre: «à moins que nous ne fassions plus pour fournir les moyens sanitaires aux personnes qui en ont besoin et pour lutter contre la désinformation à l’échelle mondiale.»
Les perspectives économiques en Suisse s’améliorent, parfois même plus que prévu. Le baromètre de l’institut de recherches conjoncturelles KOF, publié lundi, l’indique.
Pour le deuxième mois de suite, l’indicateur s’est nettement redressé en janvier. Il a gagné 5,7 points pour s’établir à 97,2 points, un niveau qu’il n’avait plus atteint depuis juin dernier. Les analystes étaient pourtant plus pessimistes. Ils s’attendaient à ce qu’il se situe entre 92,8 et 94 points.
Les secteurs de l’industrie manufacturière, de l’hôtellerie-restauration et des services ont particulièrement contribué à cette remontée. Dans les hôtels et restaurants, les perspectives sont même supérieures à la moyenne, selon les experts du KOF, un institut rattaché à l’École polytechnique fédérale de Zurich (EPFZ).
Le KOF table cette année sur un taux de croissance du produit intérieur brut (PIB) de 0,7%. Une hausse de 2% était attendue pour 2022. La croissance économique devrait repartir de l’avant en 2024 avec une progression anticipée à 2,1%.
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