Aujourd’hui en Suisse
Chères lectrices, chers lecteurs,
J’ai eu le plaisir de rencontrer à plusieurs reprises Alexandre Edelmann, le directeur de Présence Suisse. C’est un homme qui aime rire et glisser une plaisanterie complice, même avec des inconnus. Lire aujourd’hui ses propos empreints de gravité au sujet des plans révisés de son organisation pour les prochains Jeux olympiques d’hiver en Italie souligne, une fois encore, l’ampleur des secousses provoquées par l’incendie meurtrier du bar de Crans‑Montana.
La catastrophe a terni l’image de la Suisse à l’étranger, une tache sombre qui exigera du temps et des efforts pour être effacée. Une part importante de ce travail incombera à Alexandre Edelmann et à son équipe.
Bonne lecture!
«On ne peut pas faire comme si cela n’avait pas existé.» C’est ainsi qu’Alexandre Edelmann résume la décision de Présence Suisse de réduire la voilure de son programme aux Jeux olympiques d’hiver de Milan-Corina. Deux semaines après l’incendie tragique de Crans‑Montana, l’impact international de cette catastrophe demeure considérable. Le ministère suisse des Affaires étrangères sait parfaitement que le drame a trouvé un écho bien au‑delà des frontières nationales.
Comme le rapporte le quotidien Le Temps, Présence Suisse, l’organe du Département fédéral des affaires étrangères chargé de promouvoir l’image du pays à l’étranger, a décidé d’annuler plusieurs soirées prévues dans ses espaces d’accueil House of Switzerland, conçus pour mettre en valeur les valeurs et la culture helvétiques. «Nous avons adapté le programme pour tenir compte des sensibilités et éviter des éléments qui auraient pu être mal compris», explique Alexandre Edelmann.
Avec six personnes décédées et dix autres grièvement blessées, l’Italie a été particulièrement frappée par la tragédie de Crans-Montana. Le pays figure parmi les critiques les plus virulents: responsables politiques et médias ont dénoncé avec force l’absence de mesures de sécurité adéquates. «Ce qui s’est passé n’est pas un simple accident. C’est le résultat de trop de gens qui n’ont pas fait leur travail – ou qui ont cru pouvoir gagner de l’argent facilement», a déclaré la Présidente du Conseil Giorgia Meloni.
Le Temps écrit que, si les responsables suisses présents en Italie constatent déjà des dégâts d’image évidents, le directeur de Présence Suisse estime qu’il est encore trop tôt pour mesurer pleinement les effets à long terme.
Quelle est la position officielle de la Suisse vis‑à‑vis de l’Iran – et comment un pays réputé pour son rôle de médiateur traverse‑t‑il la crise actuelle? C’est la question que la radiotélévision publique suisse SRF a posée à la cheffe de la division Moyen‑Orient et Afrique du Nord du Département fédéral des affaires étrangères (DFAE).
Les manifestations en Iran ont éclaté le 28 décembre en raison d’une inflation galopante. Selon les informations rapportées vendredi, la répression meurtrière menée par les autorités semble avoir, pour l’heure, largement étouffé le mouvement de protestation.
La Suisse a élevé son consulat de Téhéran au rang d’ambassade en 1936 et joue depuis longtemps un rôle de médiation entre l’Iran et les États‑Unis. Monika Schmutz Kirgöz, qui dirige la division Moyen‑Orient et Afrique du Nord au sein du DFAE, a indiqué à SRF que son département reste en contact étroit avec l’ambassade de Suisse à Téhéran et continue d’assumer son mandat de puissance protectrice.
«Nous trouvons cela effroyable. Nous sommes face à des proportions que nous n’avions encore jamais vues», a déclaré Monika Schmutz Kirgöz, en référence aux 2600 morts confirmés par les autorités iraniennes, aux milliers de victimes non identifiées et aux quelque 20’000 arrestations signalées à ce jour. La Suisse représente les intérêts des États‑Unis en Iran, maintenant ouverts des canaux de communication dans les deux sens. «Ce canal est très sollicité. Nous n’en dirons pas davantage», a‑t‑elle déclaré.
Sur les quelque 180 ressortissants suisses actuellement en Iran, la plupart sont binationaux. «Chacun est responsable de sa propre sécurité», a rappelé Monika Schmutz Kirgöz, en référence à l’avertissement aux voyageurs en vigueur depuis 2024. «Mais nous sommes en contact avec la majorité d’entre eux.» La plupart des voyageurs suisses en Iran se sont enregistrés via l’application du ministère suisse des Affaires étrangères, a‑t‑elle précisé.
Le rôle de médiateur de la Suisse pourrait également entrer en jeu la semaine prochaine lors de la réunion annuelle du Forum économique mondial (WEF) à Davos, où sont attendus à la fois le président américain Donald Trump et une «délégation iranienne de haut rang».
Des amendes pouvant atteindre 20’000 francs pourraient être infligées à toute personne refusant une vaccination dans le canton de Saint‑Gall. La mesure envisagée a suscité un nombre de réactions record lors de la procédure de consultation.
Dans un projet de révision de sa loi sur la santé, le canton de Saint‑Gall propose d’introduire une obligation vaccinale, assortie de sanctions pour les récalcitrants. Cette proposition s’appuie sur la loi fédérale sur les épidémies, qui autorise les cantons à rendre certaines vaccinations obligatoires en cas de risque important, par exemple pour certaines professions ou pour des groupes vulnérables.
Les critiques n’ont pas tardé. Le gouvernement cantonal reconnaît avoir sous‑estimé l’ampleur des réactions: quelque 2500 prises de position ont été déposées durant la consultation. «Un nouveau record», a relevé le directeur de la santé, Bruno Damann. Une grande partie des objections porte sur le montant des amendes. Bien que les sanctions seraient proportionnelles au revenu, l’Union démocratique du centre réclame leur suppression pure et simple. D’autres contestent déjà l’usage même du terme «vaccination obligatoire».
Le canton de Saint‑Gall ne serait pas le seul à introduire une obligation vaccinale. Des cantons comme Bâle‑Campagne, Bâle‑Ville, Appenzell Rhodes‑Extérieures, les Grisons, Soleure, Zoug, Nidwald et Zurich s’appuient déjà sur la loi fédérale sur les épidémies pour prévoir de telles mesures. D’autres cantons – notamment Glaris, Argovie, Thurgovie et Berne – n’intègrent pas de telles dispositions dans leur législation cantonale. À Schaffhouse, comme à Saint‑Gall, le projet de loi est actuellement soumis à consultation jusqu’à la fin février.
Le passeport suisse figure une nouvelle fois parmi les documents de voyage les plus «puissants» au monde. Je mentirais si je disais ne ressentir aucune fierté en tenant mon passeport rouge à croix blanche. Je mesure pleinement – et avec gratitude – la facilité de déplacement qu’il m’offre.
Selon le dernier Henley Passport Index, le passeport suisse se hisse au troisième rang, donnant accès sans visa à 186 destinations à travers le monde. Singapour domine le classement, suivi du Japon et de la Corée du Sud, ex æquo à la deuxième place. La Suisse partage sa troisième marche du podium avec le Danemark, le Luxembourg, l’Espagne et la Suède.
Mais qu’est‑ce qui rend un passeport «puissant»? Selon les auteurs du classement, il reflète la stabilité politique d’un pays, sa crédibilité diplomatique et son influence géopolitique. Ce niveau d’accès illustre la force diplomatique de la Suisse, écrit le Blick. Au‑delà de l’exemption de visa, les titulaires d’un passeport suisse bénéficient également de procédures frontalières accélérées et de files d’attente plus courtes.
Texte traduit de l’anglais à l’aide de l’IA/op
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