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Une initiative parlementaire veut sanctionner pénalement le mensonge politique.

Suisses du monde, bonjour,

Peut-on sanctionner pénalement les responsables politiques qui mentent?

C’est ce que propose le sénateur socialiste Carlo Sommaruga. À ses yeux, des mesures sont nécessaires pour éviter que l’affaire du prix prétendument fixe des avions de combat F-35 ne se reproduise.

Reste une question de taille: où s’arrête l’erreur et où commence le mensonge? Le débat ne fait sans doute que commencer.

Bonne lecture,

Session d'automne du Parlement, Mercosur, traités UE
Débat sur le Mercosur en juin au Conseil national : les agriculteurs et la fraction de gauche du Conseil ont fait pencher la balance en faveur du non. Keystone / Anthony Anex

La session d’automne du Parlement a débuté ce lundi. Les débats au Conseil des États autour du paquet d’accords avec l’Union européenne et de l’accord de libre-échange avec les États du Mercosur devraient attirer l’attention au-delà des frontières helvétiques.

Trois jours de session seront consacrés au paquet conclu il y a deux ans avec Bruxelles après des années de tensions. Trois points devraient provoquer de vifs échanges entre les camps politiques: la reprise dynamique du droit européen, la protection des salaires ainsi qu’une clause de sauvegarde en cas d’immigration jugée excessive en Suisse.

Après le rejet au Conseil national de l’accord de libre-échange avec les pays du Mercosur, le dossier est arrivé sur la table du Conseil des États. Ses chances sont meilleures à la Chambre haute. La Commission de politique extérieure du Conseil des États propose un plan de soutien à l’agriculture de plus de 500 millions de francs pour tenter de rallier les milieux paysans.

Les questions de double nationalité et les nombreux objets susceptibles d’être soumis au peuple pourraient aussi interpeller les Suisses de l’étranger. Une initiative parlementaire de l’UDC propose notamment d’obliger les personnes étrangères à renoncer à leur autre nationalité pour obtenir le passeport suisse. Bien que cette mesure ne s’applique pas aux Suisses de l’étranger, elle touche à une réalité largement répandue au sein de la diaspora, où la binationalité est fréquente.

Le conseiller aux États Carlo Sommaruga veut rendre le mensonge politique passible d’une peine de trois ans de prison.
Le conseiller aux États Carlo Sommaruga veut rendre le mensonge politique passible d’une peine de trois ans de prison. Keystone / Anthony Anex

Le sénateur socialiste genevois Carlo Sommaruga veut punir le mensonge politique en le rendant passible de sanctions pénales. Une idée qui a déjà fait son chemin dans d’autres pays.

Carlo Sommaruga a déposé aujourd’hui une initiative parlementaire qui propose de faire du mensonge politique délibéré un délit passible de trois ans de prison, a révélé le Matin Dimanche.  Le texte vise les membres des exécutifs fédéraux, cantonaux et communaux qui communiqueraient publiquement ou à une autorité une information sciemment fausse.

Le conseiller aux États estime que les leçons de l’affaire du F-35 doivent être tirées. La semaine dernière, un rapport a révélé qu’aucun prix fixe n’avait jamais été convenu avec les États-Unis pour l’achat des avions de combat, contrairement à ce qu’avaient affirmé les responsables du dossier. «J’ai été interpellé par des citoyens choqués qui ne comprennent pas que les responsables de ce fiasco n’encourent aucune conséquence en raison de leur mensonge», a déclaré Carlo Sommaruga dans le journal dominical.

Ce débat existe déjà dans d’autres pays. Le pays de Galles a notamment adopté une loi qui sanctionne les mensonges durant les élections législatives. En France, la candidate écologiste à l’élection présidentielle, Marine Tondelier, propose une loi rendant inéligibles les responsables politiques reconnus coupables de mensonges délibérés.

Le patron d'Anthropic, Dario Amodei, a pressé les acteurs de l'IA de ralentir le développement de leurs modèles.
Le patron d’Anthropic, Dario Amodei, a pressé les acteurs de l’IA de ralentir le développement de leurs modèles. Copyright 2019 The Associated Press. All Rights Reserved

Alors que le week-end a été marqué par les appels de plusieurs figures de l’intelligence artificielle à ralentir le développement de cette technologie afin d’en limiter les risques, les universités s’interrogent elles aussi sur la manière de l’intégrer à leur enseignement.

«Face à l’IA, l’université doit reprendre la main sur son destin», affirme le nouveau recteur de l’Université de Lausanne, Christophe Champod, dans une interview accordée au journal Le Temps à l’occasion de la rentrée académique. Selon lui, le véritable enjeu n’est pas de savoir s’il faut accepter ou refuser l’intelligence artificielle, mais de comprendre comment l’utiliser, l’encadrer et en mesurer les conséquences pour la société.

Bannir l’IA des auditoires n’est toutefois pas la solution à ses yeux. Il plaide plutôt pour une adaptation des méthodes pédagogiques, par exemple en accordant davantage de place aux évaluations orales. «Il faut que nos étudiants et étudiantes ne soient pas nourris par l’IA, mais accompagnés par elle», souligne-t-il.

L’intelligence artificielle a déjà des effets tangibles sur certaines filières d’études. Comme l’a mis en lumière la NZZ am Sonntag, un diplôme en économie n’est plus la garantie d’emploi qu’il était autrefois. Dans certaines hautes écoles, jusqu’à un étudiant sur six ne trouve pas immédiatement de poste après ses études. L’une des explications avancées est la disparition progressive de certains postes d’entrée de carrière, remplacés par des outils d’intelligence artificielle dans un marché du travail déjà sous pression.

Plus d'une jeune sur quatre a déjà reçu des demandes de photos intimes sur Internet, rappelle Protection de l'enfance Suisse.
Plus d’une jeune sur quatre a déjà reçu des demandes de photos intimes sur Internet, rappelle Protection de l’enfance Suisse. Keystone / Cyril Zingaro

Pas toujours facile de contrôler ce que font les enfants sur Internet et les risques auxquels ils sont exposés. La fondation Protection de l’enfance Suisse a lancé ce lundi à Berne une campagne de prévention contre les infractions sexuelles en ligne.

Les chiffres en disent long sur l’acuité du problème: le service de signalement clickandstop.ch a reçu plus de 10’000 signalements de contenus pédocriminels depuis sa création en 2022. Plus d’un adolescent sur quatre en Suisse est sollicité pour l’envoi de photos intimes, selon l’étude JAMES de 2024.

La campagne vise à sensibiliser les adultes et à fournir des stratégies concrètes. Plusieurs conseils sont prodigués: écouter les jeunes, convenir de règles claires pour l’usage des médias numériques et montrer l’exemple. Une vidéo illustre comment les adultes peuvent assurer la sécurité des jeunes dans le monde numérique.

Protection de l’enfance Suisse réclame aussi des dispositions légales efficaces dans le projet de loi fédérale sur les plateformes de communication. La responsabilité de la protection des enfants ne doit pas incomber uniquement aux parents, estime la fondation.

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