La voix de la Suisse dans le monde depuis 1935
Les partisans du paquet d’accords entre la Suisse et l’UE remportent une victoire de taille au Conseil des États

Suisses du monde, bonjour,

Dans les couloirs du Palais fédéral, la tension est palpable. On sent que le débat parlementaire le plus important de la législature est en train de se jouer.

Ce matin, les partisans du paquet d’accords entre la Suisse et l’UE ont remporté une victoire de taille. Le Conseil des États a validé sans encombre les 14 mesures visant à éviter le dumping salarial et la concurrence déloyale en Suisse. Mais la tension n’est pas près de retomber. Les sénateurs doivent encore décider si les Bilatérales III seront soumises à la double majorité du peuple et des cantons ou à la majorité simple du peuple.

Bonne lecture,

Le Conseil des États a approuvé les mesures visant à protéger les salaires suisses, une étape importante pour les Bilatérales III.
Le Conseil des États a approuvé les mesures visant à protéger les salaires suisses, une étape importante pour les Bilatérales III. Keystone / Alessandro Della Valle

C’était l’un des principaux points de friction des débats sur le paquet d’accords entre la Suisse et l’Union européenne. Le Conseil des États a finalement accepté ce mercredi les 14 mesures proposées par le Conseil fédéral pour protéger les salaires sur le territoire national.

La mesure numéro 14 aurait eu le potentiel de faire échouer l’entier des Bilatérales III. Elle prévoit une meilleure protection contre le licenciement pour les représentants du personnel au sein des entreprises. Malgré la controverse qu’elle a suscitée, elle a finalement passé la rampe sans difficulté au Conseil des États. Le soutien des syndicats au paquet d’accords est ainsi assuré.

Au cours des débats, le sénateur socialiste et président de l’Union syndicale suisse, Pierre-Yves Maillard, a rappelé que l’Organisation internationale du travail (OIT) priait la Suisse de renforcer la protection des représentants du personnel depuis 2004. Il a aussi insisté sur le caractère «modeste» de la mesure, qui ne concernera que 5 à 6 cas par année.

Le camp bourgeois s’opposait à cette mesure, estimant qu’elle ne concernait pas directement le paquet d’accords. Le conseiller aux États centriste et président de l’Union des arts et métiers, Fabio Regazzi, a finalement apporté son soutien au train de mesures, en rappelant que la 14e mesure ne fait pas consensus. Il a appelé à «voter en connaissance de cause» sur ce compromis «intensément négocié». Les débats sur le paquet d’accords se sont poursuivis dans l’après-midi.

La ministre de la Santé Elisabeth Baume-Schneider le reconnaît elle-même: elle ne sera pas la conseillère fédérale qui annoncera des une baisse des primes maladie.
La ministre de la Santé Elisabeth Baume-Schneider le reconnaît elle-même: elle ne sera pas la conseillère fédérale qui annoncera des une baisse des primes maladie. Keystone / Anthony Anex

L’envolée des primes maladie fait l’unanimité contre elle, mais les remèdes divisent. Au lendemain de l’annonce d’une hausse moyenne de 5% pour l’an prochain, la presse suisse estime que la charge qui pèse sur les ménages pourrait favoriser des solutions radicales, comme la caisse unique.

Les assurés se sont réveillés ce matin avec des sueurs froides, après l’annonce d’une nouvelle hausse des primes maladie. Les médias leur proposent une large palette de traitements, prescrits par les médecins, les hôpitaux, les assureurs, les partis ou les syndicats. Les acteurs du secteur de la santé réclament moins de bureaucratie, les partis de droite veulent réduire les prestations inutiles et les mauvaises incitations, tandis que la gauche veut agir sur la répartition de la facture.

«Qui sème les coûts récolte la caisse unique», met en garde l’éditorial du Temps. Selon le quotidien romand, les ménages n’acceptent plus un système qui entraîne des augmentations récurrentes. La presse alémanique pose le même diagnostic. «Si l’on ne parvient pas à limiter la hausse annuelle des coûts à 2 ou 3%, les revendications en faveur d’une caisse unique pourraient rallier une majorité», estime le Bund.

La ministre de la Santé Elisabeth Baume-Schneider douche toutefois les espoirs de celles et ceux qui croyaient encore à la guérison. Annoncera-t-elle un jour une baisse des primes, lui demande Le Temps? La réponse n’est guère encourageante: «Je ne pense pas. Mais je veux être coresponsable d’une meilleure maîtrise des coûts. Cette hausse de 5% ne doit pas devenir un rythme de croisière: il faut arriver à un pourcentage plus bas.»

Les retraités à l’étranger ont-ils droit à la même rente AVS que leurs compatriotes au pays?
Les retraités à l’étranger ont-ils droit à la même rente AVS que leurs compatriotes au pays? Keystone

Adapter les rentes AVS au pouvoir d’achat dans le pays de résidence des Suisses de l’étranger et durcir les conditions d’accès à l’AVS pour les étrangers. C’est ce que réclame l’UDC dans un papier de position sur la réforme qui vise à stabiliser les finances de l’AVS pour la période 2030-2040.

L’Union démocratique du centre (UDC / droite conservatrice) s’attaque à nouveau aux rentes AVS des Suisses de l’étranger. Le parti demande que les rentes versées à l’étranger soient calculées en tenant compte du pouvoir d’achat dans le pays de résidence concerné, rapporte ce mardi le BlickLien externe. Une personne vivant en Thaïlande toucherait, par exemple, une rente AVS moins élevée.

Aujourd’hui, une personne qui cotise pendant un an à l’AVS a droit à une rente. L’UDC veut porter cette durée minimale à cinq ans. Les personnes qui s’installent en Suisse au milieu de leur vie devraient aussi cotiser davantage. Objectif du parti: rendre plus difficile l’obtention d’une rente suisse pour les personnes étrangères.

«Nous avons un problème avec les prestations sociales qui partent à l’étranger. Cela agace les gens», affirme la conseillère nationale UDC Diana Gutjahr. Elle estime cependant que les chances de voir les propositions du parti aboutir sont «plutôt faibles». Ce n’est pas la première fois que l’UDC s’attaque aux prestations sociales accordées aux Suisses de l’étranger, mais ses revendications n’ont jamais obtenu de majorité.

Nespresso cesse de commercialiser ses capsules en papier, pourtant présentées comme une petite révolution pour les consommateurs et consommatrices.
Nespresso cesse de commercialiser ses capsules en papier, pourtant présentées comme une petite révolution pour les consommateurs et consommatrices. Keystone / Valentin Flauraud

Nespresso mise tout sur l’aluminium: la filiale de Nestlé a décidé d’abandonner les capsules compostables, à peine trois ans après leur lancement.

Le spécialiste du café portionné cesse de commercialiser ses capsules à base de papier. Il justifie cette décision par les retours négatifs des consommateurs concernant leur durée de conservation. Après ouverture de l’emballage, il était recommandé de les consommer dans les quatre semaines, alors que les capsules en aluminium peuvent se conserver pendant un an.

La marque se dit désormais «plus convaincue que jamais» que l’aluminium est le meilleur matériau pour préserver les arômes et la qualité de ses cafés. Elle entend se concentrer sur l’amélioration du taux de recyclage de ses capsules classiques. En Suisse, 73 % des capsules utilisées à domicile étaient recyclées fin 2025.

En parallèle à ce changement de cap, Nespresso cherche à rajeunir sa clientèle. La marque, qui fête ses 40 ans, mise désormais sur un nouveau visage: la chanteuse Dua Lipa occupe le premier plan à la place de l’acteur George Clooney. Elle développe aussi son offre avec des cafés froids, des grands formats et des recettes aromatisées, notamment au yuzu (un agrume japonais).

Les plus appréciés

Les plus discutés

En conformité avec les normes du JTI

Plus: SWI swissinfo.ch certifiée par la Journalism Trust Initiative

SWI swissinfo.ch - succursale de la Société suisse de radiodiffusion et télévision

SWI swissinfo.ch - succursale de la Société suisse de radiodiffusion et télévision