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UE Suisse

Chères et chers Suisses de l’étranger,
 
Voilà qui suscite des remous en Suisse: le Conseil des États veut soumettre les Bilatérales III, les nouveaux accords entre la Suisse et l’UE, à la double majorité du peuple et des cantons. Les cantons ruraux pourraient ainsi faire échouer les plans du Conseil fédéral, qui soutient les accords.
 
Les partisans des Bilatérales III ne semblent toutefois pas trop inquiets. Ils s’attendent à ce que le Conseil national rejette l’exigence de la double majorité.
 
Meilleures salutations de Berne,

Le Conseil des États s’est penché pendant près de trois jours sur les Bilatérales III au cours d’un «débat marathon».
Le Conseil des États s’est penché pendant près de trois jours sur les Bilatérales III au cours d’un «débat marathon». Keystone / Alessandro Della Valle

Les nouveaux accords entre la Suisse et l’Union européenne doivent-ils obtenir non seulement l’aval du peuple, mais aussi celui des cantons? Le Conseil des États fait des vagues avec une décision de principe, qui met en lumière les clivages entre villes, campagnes et régions linguistiques.

Le Conseil des États veut soumettre les Bilatérales III à la majorité des cantons. Lors de la votation, cela signifierait que la majorité du peuple ne suffirait pas: il faudrait également qu’un nombre majoritaire de cantons accepte. Le ministre des Affaires étrangères Ignazio Cassis reste néanmoins confiant. Il a souligné à la RSI que l’objectif reste parfaitement atteignable, même s’il faudra convaincre dans les cantons ruraux.

Le vote a révélé de profonds clivages, constate la presse suisse: alors que la Suisse romande et des cantons urbains comme Zurich ont unanimement rejeté la double majorité, les cantons ruraux l’ont soutenue. Cette décision devrait toutefois être renversée au Conseil national, prédisent les médias.

Malgré ce nouvel obstacle, les partisans de l’UE estiment avoir le vent en poupe, analyse le Tages-Anzeiger. Au Conseil des États, une nette majorité s’est dégagée en faveur du paquet sur le fond. Le camp du oui vise désormais une votation populaire à l’été 2027.

Des bâches géotextiles recouvrent la glace et la neige encore présentes sur les vestiges du glacier du Scex-Rouge.
Des bâches géotextiles recouvrent la glace et la neige encore présentes sur les vestiges du glacier du Scex-Rouge. Keystone / Jean-Christophe Bott

Le spectacle des montagnes est saisissant: il ne reste pratiquement plus de neige sur les sommets de haute altitude. Après un été marqué par des chaleurs extrêmes, les glaciers suisses continuent de fondre à un rythme record. Ce recul historique transforme non seulement le paysage alpin, mais aussi les réserves d’eau de l’Europe.

Les glaciers suisses ont connu une nouvelle année catastrophique en 2026 et ont perdu 5,5% de leur volume de glace, annonce le réseau suisse de mesures glaciologiques Glamos. À lui seul, le recul des cinq dernières années a fait disparaître un cinquième du volume de glace.

Le glacier d’Aletsch a été particulièrement touché, perdant jusqu’à 13 mètres de glace par endroits, écrit 20 minutes. De plus petits glaciers, comme celui de Plattalva, ont même entièrement disparu durant cet été caniculaire.

Malgré la chaleur extrême, les glaciers ont produit moins d’eau de fonte en 2026 que lors de l’année caniculaire 2003. Les réserves de glace sont tout simplement devenues trop faibles pour pouvoir encore compenser efficacement les longues périodes de sécheresse en aval.

senior
Une mobilité réduite et des problèmes auditifs peuvent renforcer l’isolement des personnes âgées. Keystone / Manuel Geisser

En Suisse, une personne âgée sur trois se sent parfois seule. Une nouvelle étude montre que, malgré une qualité de vie élevée, le manque de contacts sociaux touche des centaines de milliers de personnes et qu’il est loin d’être un phénomène marginal.

Plus de 800’000 personnes de plus de 60 ans souffrent occasionnellement d’un manque de compagnie en Suisse, indique aujourd’hui Pro Senectute dans une nouvelle étude. Environ 140’000 d’entre elles souffrent même fréquemment d’un isolement sévère.

Les personnes vivant seules et celles disposant de faibles revenus sont particulièrement exposées. La solitude dépend ainsi moins de l’âge que des conditions de vie. Le risque d’isolement augmente fortement, par exemple, après la perte d’un proche.

Les conséquences sur la santé vont de la dépression aux troubles physiques. Les spécialistes demandent donc, en complément du bénévolat, des mesures politiques, telles que des lieux de rencontre gratuits et un urbanisme adapté aux personnes âgées.

Deux femmes et un homme assis dans des fauteuils d'un studio podcast
Le politologue et expert en démocratie Marc Bühlmann explique aux journalistes de Swissinfo Emilie Ridard (à gauche) et Camille Kündig (au centre) pourquoi la démocratie gagne à inclure le plus de personnes possibles, dont les Suisses de l’étranger. SWI swissinfo.ch

Le droit de vote des Suisses de l’étranger reste un sujet sensible en Suisse. Alors que près de 246’000 expatriés sont inscrits au registre électoral, leur légitimité à voter depuis l’étranger et les moyens concrets d’exercer ce droit suscitent des débats. Dans le nouvel épisode de notre podcast «Adieu, merci la Suisse», la Suissesse de l’étranger Maroussia Mélia et le politologue Marc Bühlmann reviennent sur ces enjeux.

Installée au Québec depuis 2018, Maroussia Mélia défend une vision de la citoyenneté qui dépasse le lieu de résidence. «Pour moi, la citoyenneté ne s’arrête pas aux frontières», déclare-t-elle, ajoutant que «toutes [ses] racines sont en Suisse». Pour l’expert en démocratie Marc Bühlmann, les Suisses de l’étranger enrichissent le débat: «Des gens qui ne vivent pas en Suisse […] peuvent amener des arguments qui mènent à de nouvelles solutions.»

Mais voter depuis l’étranger n’est pas toujours possible. Les délais postaux, les frais d’affranchissement et le temps nécessaire pour s’informer compliquent parfois l’exercice des droits politiques. Maroussia Mélia indique avoir déjà «voté blanc» faute d’avoir pu se forger une opinion dans les délais impartis. Elle reconnaît aussi se sentir davantage concernée par les objets fédéraux que par certaines votations cantonales.

Le vote électronique apparaît dès lors comme une solution évidente pour de nombreux Suisses à l’étranger. Pourtant, son déploiement progresse lentement. Aujourd’hui, seuls six cantons le proposent. Pour Marc Bühlmann, la prudence s’impose: «D’abord la sécurité, après la rapidité.» Il rappelle qu’une manipulation électorale pourrait avoir des conséquences collectives majeures. Comme pour le vote par correspondance avant lui, le vote électronique pourrait encore nécessiter de longues années avant de s’imposer pleinement.

Adapté de l’allemand par Katy Romy

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