25e Paléo Festival de Nyon: rideau!
Dimanche soir, après un extraordinaire feu d'artifice, c'est Patrick Bruel qui a mis un terme au 25e Paléo Festival de Nyon. Une édition qui soulève la question des limites d'un tel rassemblement.
Les briquets allumés dans la nuit, singulièrement absents de ce millésime, ont fait leur réapparition avec le public de Patriiiick. Accueillie en héros, l’idole a joué sur du velours. A la fois séducteur et copain, il a offert à son public un spectacle nettement plus intimiste et acoustique qu’à l’époque où, drapé dans son grand manteau noir, il se cassait la voix sur fond de guitares distordues. Succès énorme et sans failles.
De manière plus générale, le succès public de cette édition anniversaire est incontestable. Avec 225 000 spectateurs, Paléo bat son propre record de fréquentation. Et en se permettant mardi dernier une soirée ne comportant que des invités-surprises, soirée dont les 36 000 billets furent écoulés en prélocations, les organisateurs ont eu la preuve de l’incroyable capital de confiance dont ils bénéficient.
Le public, dans son ensemble, a sans doute apprécié cette édition comme il a aimé les précédentes. Malgré une météo extrêmement médiocre, il est venu, il a mangé, il a rigolé, il a dansé, écouté parfois, bref, il a fait la fête. Et, on le constate chaque année, la fête, c’est vraiment ce que la majorité vient chercher au Paléo Festival de Nyon. Mais attention, un certain nombre de facteurs, dont le gigantisme, pourrait nuire à la fête…
Car l’harmonie de Paléo est mise en péril par la foule elle-même. Spectateurs, collaborateurs, accrédités et invités confondus, ce sont 40 à 42 000 personnes qui cohabitent chaque soir sur le terrain de l’Asse. C’est beaucoup, c’est trop. Les 52 hectares du site ne suffisent plus pour empêcher une promiscuité étouffante. Et certains concerts deviennent infréquentables, sous le chapiteau notamment, à moins que l’on accepte de les suivre dans des conditions visuelles et sonores franchement déplorables.
Et puis il y a le camping, l’éternelle épine dans le pied de Paléo, dortoir géant et gratuit, qui, à chaque fois, cause un certain nombre de soucis aux organisateurs. Cette année, le fait qu’un viol y a été commis frappera, à juste titre, les esprits. Difficile, dès lors, de relativiser le problème.
Enfin, la presse, qui en général a toujours caressé Paléo dans le sens du poil, s’est soudain réveillée. Parfois exagérément, parfois à juste titre. Réaction à l’égard d’un succès par trop insolent? Peut-être.
Paléo est une formidable machine, bien huilée, où l’on vit en alternance des moments d’agacement inévitables et des instants privilégiés, dus à un artiste, à une rencontre, ou à un sentiment de communion. Jusque-là, le plaisir dominait les petites contrariétés. Il faut éviter que la tendance ne s’inverse.
Bernard Léchot
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