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Amélie Nothomb, le plaisir du mensonge

A 36 ans, Amélie Nothomb a 40 manuscrits derrière elle, dont onze sont déjà publiés (source:www.freeflights.net). A 36 ans, Amélie Nothomb a 40 manuscrits derrière elle, dont onze sont déjà publiés (source:www.freeflights.net).

La romancière belge fait le bonheur des lecteurs et du grand public, au cinéma comme sur scène

Un des ses romans, «Cosmétique de l’ennemi», est adapté au théâtre par Emmanuel Samantani. A voir au Casino de Rolle.

Sur son site Internet, Amélie Nothomb a serré ses formules lapidaires qui résonnent comme des aphorismes. «Pas besoin d’intérêt pour mentir. Le plaisir suffit», lit-on sur le petit écran.

On la comprend. C’est le moins que l’on puisse dire lorsqu’on est une romancière qui sait faire avaler, avec délice, des mensonges aux lecteurs.

Et dire que son premier livre «Hygiène de l’assassin» (paru en 1992) fit bondir le sourcilleux critique français Philippe Sollers qui, à l’époque, le jugea bon pour la poubelle.

Jugement court et étriqué, depuis largement démenti par le succès obstiné de la jeune auteure belge (36 ans) qui compte à son actif une quarantaine de manuscrits, dont onze publiés à ce jour.

Une boulimique de la plume

«J’écris comme je parle», confiait-t-elle récemment à la presse française. Amélie Nothomb est une boulimique de la plume. Mais cette boulimie, elle se l’explique par le besoin incoercible d’évacuer un sentiment profond de culpabilité.

«Si je ne souffrais pas d’une culpabilité monumentale, en serais-je vraiment arrivée là?», se demande-t-elle. «En arriver là» signifie jouir d’une notoriété quasi mondiale et d’un capital… de sympathie non moins négligeable.

A ce prix, qui ne voudrait de cette maudite culpabilité? Oui, mais à condition, diriez-vous, d’avoir du talent pour l’exorciser ensuite dans la bonne humeur.

Car de l’humour, Amélie Nothomb en a à revendre. On pourrait même dire que le rire tient toujours à distance les expériences douloureuses qui parcourent ses romans et reflètent ses inquiétudes.

C’était le cas dans «Métaphysique des tubes» puis dans «Stupeur et tremblements», récemment porté à l’écran par le cinéaste français Alain Corneau.

L’imposture du «je»

C’est le cas aussi dans «Cosmétique de l’ennemi», histoire dialoguée d’un combat entre le «je» et «l’autre en lui», pour reprendre la formule de Rimbaud citée dans le livre.

«C’est toujours une imposture de dire «je», affirme Nothomb, parce qu’on parle au singulier alors que ce devrait être un pluriel sans cesse plus nombreux».

Multiplicité donc de l’identité que la romancière observe à la loupe dans «Cosmétique». S’y affrontent Jérôme August, homme d’affaires en partance pour Barcelone, et son supposé double Textor Texel, créature étrange qui aborde inopinément le voyageur dans la salle d’attente d’un aéroport.

Cette confrontation des individualités est portée à la scène par Emmanuel Samantani. Avec sa compagnie des Sept lieux, ce dernier présente donc le 2 août au Casino de Rolle «Cosmétique de l’ennemi».

swissinfo, Ghania Adamo

«Cosmétique de l’ennemi», Casino de Rolle (VD), le 2 août. Tel: 021/825 15 35

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