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Bilatérales: rapprochement de circonstance entre Alémaniques et Romands

Accords bilatéraux: les Romands rejoignent les Alémaniques. Keystone

La votation populaire du 21 mai sur les Accords bilatéraux avec l'Union européenne a donné lieu à une forte polarisation. Selon l'Office fédéral de la statistique (OFS), la Suisse alémanique s'est rapprochée de la Suisse romande.

L’image du Röchtigraben a été, en tout cas le temps de la votation du 21 mai dernier, passablement écornée. Les résultats de l’analyse, publiée vendredi par l’OFS, confirment un net rapprochement entre les deux grandes régions linguistiques du pays: les Alémaniques et les Romands.

Selon l’OFS, les communes francophones ont approuvé les accords par 78 pour cent des voix et les communes alémaniques par 66 pour cent – le taux d’approbation global étant de 67 pour cent.

«Si l’on compare ce résultat avec d’autres votations sur la politique extérieure, comme l’EEE, la différence tombe de 30 points à 12 points», constate Madeleine Schneider, collaboratrice scientifique à l’OFS. Pour leur part, les communes italophones – grisonnes comprises – ont dit non à 43 pour cent.

Comme lors de la votation sur l’EEE, les régions latines occupent les deux extrêmes: 35 points les séparent. Le clivage entre régions linguistiques apparaît aussi dans le fait que 98 pour cent des communes romandes ont dit oui, de même que 74 pour cent des communes germanophones, mais seulement 18 pour cent des communes italophones.

Mais ce rapprochement entre Alémaniques et Romands n’est que conjonturel. «Les Germanophones ne sont pas devenus du jour au lendemain europhiles», précise Madeleine Schneider. Pour eux, la votation sur les bilatérales n’avait rien à voir avec une éventuelle adhésion.

S’agissant de la spécificité du vote tessinois, l’OFS constate qu’il s’agit « ni d’une constante ni d’une nouveauté». Depuis 1971, il n’a été dans le camp des perdants que 43 fois sur 249. C’est moins que cinq cantons francophones (VD, VS, NE, GE et JU) et que Schwytz.

Schwytz, qui a aussi refusé les accords bilatéraux, est l’un des cantons qui rejettent le plus souvent les projets fédéraux. Il a dit non 286 fois sur 467 depuis 1871, ce qui le met en tête des «Neinsager» avec le Valais. Ces deux cantons ont aussi dit le plus souvent non depuis 1971.

Autre constat de l’OFS: le 21 mai a marqué une légère atténuation du clivage entre ville et campagne par rapport à d’autres votations sur la politique extérieure. Il est resté le plus fort en Suisse alémanique, avec 14 points d’écart. En revanche, les taux d’approbation des villes n’ont dépassé ceux des communes rurales que de 5 pour cent en Suisse romande et de 4 pour cent en Suisse italienne.

La commune qui a donné le plus fort taux d’approbation est Gressy (VD) avec 100 pour cent de oui, devant deux autres communes vaudoises, Lovatens (96 pour cent) et Orzens (95,9 pour cent). En Suisse alémanique, Hessigkofen (SO) vient en tête avec 89,9 pour cent de oui. Parmi les communes italophones, Bondo (GR) se distingue avec 78,6 pour cent de oui.

Au contraire, Corippo (TI) a établi un record négatif avec 5,9 pour cent de oui. Le taux le plus bas de Suisse alémanique vient de St.Antönien Ascharina (GR) avec 11,3 pour cent. En Suisse romande, Chapelle/Broye (FR) n’a donné que 27,6 pour cent de oui.

Jugurtha Aït-Ahmed

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