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Brel et Barbara par Béjart

Elisabet Ros danse Barbara. Photo Béjart Ballet de Lausanne. swissinfo.ch

Maurice Béjart chorégraphie les chansons de son amie Barbara et celles de Jacques Brel, au Métropole. L'aigle noir a volé dans le ciel lausannois.

«Le talent, disait Jacques Brel, c’est l’envie de faire quelque chose. Un artiste, poursuivait le Grand Jacques, c’est celui qui a mal aux autres.» C’est par une interview (tirée des archives) de Brel et Barbara que commence le spectacle du Ballet Béjart de Lausanne consacré à ces deux monstres sacrés de la chanson française.

Le fauteuil à bascule de Barbara

Sur la scène noire et blanche: une rose accrochée au rocking-chair légendaire de la grande dame en noire. Barbara, l’amie de toujours du chorégraphe lausannois, Maurice Béjart.

La première chanson est un tango «Rosa Rosae», dans lequel Jacques Brel décline la reine des fleurs en latin. Danse d’ensemble qui, très vite, cède la place à un magnifique duo de Christine Blanc et Martin Vedel sur «Litanie pour un retour».

Elle ouvre grandes ses ailes pour voler. Suspendue au-dessus de lui. Il la porte à bouts de bras. Puis, lentement, elle redescend sur son corps. Pour ne faire plus qu’un avec lui. L’image chorégraphique est sublime. On pressent «L’Aigle noir».

«Chapeau bas» est la première chanson de Barbara dans le spectacle. C’est une valse. Et pour la danser, un pas de deux de Gil Roman et Elisabet Ros. Lui: en gilet, chemise et cravate. Elle: en longue robe noire, lunettes et écharpe. Le couple est doublé, en beige, par Christine Blanc et Martin Vedel.

Les âmes de Brel et Barbara ressuscitent sur scène. Au premier plan, les personnages tels qu’on les a toujours connus. Au second plan, leurs esprits qui vagabondent en danse et chansons.

Masculin et féminin

Paradoxalement, c’est Elisabet Ros qui danse «Ne me quitte pas» de Jacques Brel et Gil Roman qui interprète «Dis quand reviendras-tu?» de Barbara.

Comme si Maurice Béjart, adepte de la psychologie analytique des profondeurs de Carl-Gustav Jung, voulait nous dire que le masculin et le féminin habitent chaque être et que c’est en identifiant ces deux instances que l’on approche de la plénitude humaine.

Si «La valse à mille temps» de Brel était calibrée pour une chorégraphie d’ensemble éclatante de joie, «L’Aigle noir», dansé par Octavio Stanley, a déçu par son manque de lyrisme. On attendait un envol chorégraphique à la mesure de l’envolée de la chanson. Et là, on est resté sur notre faim. Par les (trop) petits battements d’ailes du soliste.

Brel à bicyclette

Et les ouvriers de l’aéroport qui accourent voir le départ de cet aigle parti dans les airs rejoindre un autre monde. Mais eux, ils restent là. Pour accueillir Gil Roman en bicyclette. Nous sommes dans la Belgique de Brel et «Le plat pays» nous est servi en version flamande.

Trop vite, le spectacle se termine sur «La Solitude» d’une Barbara adossée à la paroi, seule derrière le vélo de son alter ego, Jacques Brel. Le visage blafard, Elisabet Ros prend un dernier coup de projecteur. Qu’elle est belle cette danseuse qui incarne si justement Barbara.

Emmanuel Manzi

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