Christiane Brunner seule candidate à la présidence du PS
Pas de surprise. Christiane Brunner devrait succéder à Ursula Koch à la présidence du Parti socialiste suisse. Les sections cantonales avaient jusqu´à vendredi pour faire d´autres propositions. Aucun autre nom n´a été avancé. Décision à la mi-octobre.
On pourrait certes imaginer que le comité central du PS, qui en a le droit, lance une autre candidature, mais l’hypothèse relève de la fiction. Et comme les sections cantonales, pour les deux postes de la vice-présidence, n’ont annoncé aucune candidature autre que celles de Christine Goll et Hans-Jürg Fehr, les jeux du futur triumvirat paraissent faits. Le Congrès de Lugano des 14 et 15 octobre n’aura qu’à lever le pouce en signe d’acquiescement.
Faut-il rappeler l’épopée printanière du parti? Un week-end d’avril, Ursula Koch annonce qu’elle abandonne avec effet immédiat et la présidence du parti et son mandat politique. Quand bien même on savait depuis les élections fédérales d’octobre que les socialistes vivaient une grave crise interne, l’événement fait choc.
Christiane Brunner n’est pas là, en voyage au bout du monde. D’emblée son nom pourtant circule. N’avait-elle pas hésité, en 1997 déjà, à briguer la difficile succession de Peter Bodenmann? S’il faut assurer le sauvetage d’un navire chahuté, c’est elle, disait-on, qui serait la mieux placée pour redresser la barre. On lui laisse toutefois un peu de temps pour réfléchir, mais, plus vite que prévu, elle laisse entendre qu’elle pourrait répondre oui.
C’est qu’elle a d’autres tâches à mener encore. Elle occupe l’un des deux sièges de la représentation genevoise au Conseil des États. Et elle ne veut pas bâcler les derniers mois de son activité à la tête de l’Union syndicale suisse dont elle avait déjà annoncé son proche retrait. Celle dont on pensait plutôt qu’elle cherchait une vie moins essoufflante et moins exposée se retrouvait subitement projetée de nouveau sur le devant de la scène politique.
Christiane Brunner sait ce que cela veut dire. Le monde politique lui en a déjà fait voir de toutes les couleurs. Personne en Suisse n’a oublié les péripéties – les intrigues et les coups tordus – qui l’ont privée, il y a quelques années, d’un siège au gouvernement. C’est le genre d’épreuve qui vous met définitivement à l’abri de toute désillusion à venir et qui vous forge un tempérament capable d’affronter n’importe quel autre défi.
En cela, le profil combattant de Christiane Brunner paraît singulièrement trancher avec celui d’Ursula Koch. La Zurichoise a finalement jeté l’éponge parce qu’elle ne supportait plus, moralement et physiquement, les tensions et les pressions qui la visaient publiquement. A une présidente, certes très courageuse mais plutôt solitaire, devrait donc succéder une syndicaliste dont l’une des armes favorites est la pratique de solidarités visibles, telles les actions de revendication qu’elle a menées avec les femmes de ce pays et qui ont fait une bonne part de sa popularité.
Les embûches ne manqueront pas. On reproche déjà à Christiane Brunner (qui devrait être la première présidente romande du PS) d’avoir fait fuir d’autres prétendant(e)s et que les dés de son élection sont pipés. On lui cherche et on lui cherchera encore querelle sur ses positions idéologiques. Mais les dossiers chauds du moment, ceux qui touchent directement à la vie quotidienne des citoyens, personne ne pourra l’accuser de les ignorer. Ce n’est pas le style de la maison, surtout quand comme elle on a pratiqué le métier d’avocat.
Bernard Weissbrodt
En conformité avec les normes du JTI
Plus: SWI swissinfo.ch certifiée par la Journalism Trust Initiative
Vous pouvez trouver un aperçu des conversations en cours avec nos journalistes ici. Rejoignez-nous !
Si vous souhaitez entamer une conversation sur un sujet abordé dans cet article ou si vous voulez signaler des erreurs factuelles, envoyez-nous un courriel à french@swissinfo.ch.