En passant par l’Helvétie
Le metteur en scène vaudois Denis Maillefer présente à Lausanne puis à Genève son nouveau spectacle «Le voyage en Suisse».
Sur notre pays, il pose un regard rieur et critique qui fuit les clichés habituels. Entretien.
Chacun de ses spectacles semble découler du précédent. Denis Maillefer s’auto-cite volontiers. Un peu pour s’amuser. Un peu aussi pour marquer son terrain, celui de l’humour et de la douce violence.
C’est avec son complice de toujours, le dramaturge Antoine Jaccoud, et son inséparable scénographe Massimo Furlan, que le metteur en scène vaudois a conçu «Le voyage en Suisse». Dernier-né d’une série de spectacles (dont «La descente d’Orphée», «La jeune fille, le diable et le moulin») montés cette saison dans la fièvre d’un succès mérité.
Recherche sur l’identité suisse
Spectacle itinérant, «Le voyage en Suisse», qui se joue à Lausanne à partir du 22 mai, puis à Genève, se déroule dans un car. La formule est inédite. Mais pas son contenu qui rappelle, à bien des égards, la création de Maillefer présentée à la Cathédrale de Lausanne en avril dernier, à l’occasion du bicentenaire de la naissance du canton de Vaud.
«Il ne s’agit pas ici d’une redite, précise néanmoins le metteur en scène. Nous poursuivons, il est vrai, notre recherche sur l’identité suisse. Mais cette fois-ci, la Suisse qui nous intéresse n’est pas celle considérée dans ses particularités. Mais celle observée dans ses ressemblances avec d’autres pays occidentaux».
Vaste programme que Maillefer et Jaccoud entreprennent à travers l’itinéraire de deux personnages: un couple d’étrangers qui parcourt l’Helvétie et raconte ce qu’il voit.
Lui, est du genre bourru, un homme plutôt populaire qui s’accommode de tout. Elle est une écorchée vive, une femme ultra sensible qu’un rien fait souffrir.
Beauté et malaise
Le public fait ainsi un voyage avec un couple qui narre son propre voyage. «Cela autorise, explique Maillefer, un double regard. D’un côté, on écoute un certain nombre de critiques sur la Suisse, mises dans la bouche des deux personnages. De l’autre côté, on découvre ou redécouvre la beauté infinie de notre pays.»
Embarquement donc à bord d’un bus postal qui roulera en ville puis en campagne, avec des arrêts sur des sites naturels. Avec aussi des surprises en cours de route.
«Mais attention, avertit le metteur en scène, malgré la beauté des sites choisis, ce n’est pas seulement une Suisse rieuse que nous visitons. Notre «Voyage», nous l’avons voulu pour exprimer aussi ce qui nous préoccupe: l’individualisme forcené, la soif d’argent et de pouvoir, le commerce des femmes et du sexe, le désespoir ambiant…»
Bref, toutes choses qui, selon l’auteur et son metteur en scène, se répandent de plus en plus en Suisse, et font que ce pays ressemble de plus en plus au reste du monde.
swissinfo, Ghania Adamo
«Le voyage en Suisse», Théâtre de l’Arsenic, Lausanne; du 22 mai au 1er juin. Et du 24 juin au 5 juillet. Tel: 021/625 11 36. Théâtre Le Poche, Genève; du 3 au 6 juin.
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