Etat des lieux du cinéma suisse
Le cinéma suisse, un gouffre financier? Non, répond une étude publiée mardi, qui affirme que le 7e art helvétique rapporte plus qu'il ne coûte aux pouvoirs publics.
Fruit de 18 mois d’enquête, ce travail mené à la demande des associations «Fonction: Cinéma» et «Zürich für den Film» livre un état des lieux précis de la branche cinématographique suisse pour l’année 1998. Surtout, il détermine pour la première fois le poids économique de cette industrie. «Cette étude nous permet de prouver les effets positifs du cinéma sur l’économie suisse», a souligné devant la presse Marc Wehrlin, directeur de la section cinéma de l’Office fédéral de la culture.
Des chiffres? On apprend ainsi que le secteur regroupe 1300 entreprises et occupe 4700 personnes à plein temps. Pour 1998, la valeur de la production brute de l’ensemble de la branche est estimée à 1,3 milliard de francs, la valeur ajoutée brute à 530 millions. Ses effets indirects sur le reste de l’économie sont estimés à 285 millions de francs et à 2400 emplois supplémentaires.
Le cinéma rapport davantage à l’Etat qu’il ne lui coûte. En effet, il lui reverse quelque 75 millions de francs sous forme d’impôts divers, alors que les subventions publiques (Confédération, cantons et communes) se montent à 30 millions au total.
Une étude qui tombe à pic, puisque le petit monde du cinéma suisse est en pleine phase de «lobbying», selon ses propres termes, dans le but de débloquer de nouveaux crédits auprès du Parlement et cela même si, en matière de subsides, la Suisse se situe dans la moyenne européenne, avec l’Autriche, la Belgique et les Pays-Bas. Les plus généreux sont la France et le Danemark.
Point noir de cette étude: le désintérêt des Suisses pour la production cinématographique de leur pays. Ils ne sont que 2,5 pour cent à s’y intéresser, alors que les spectateurs européens vont voir en moyenne 18 pour cent de films indigènes. Décidément, la Confédération suisse fait des miracles: elle parviendrait à tirer profit d’une production dont le public n’a cure. Quel talent.
swissinfo avec les agences
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