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Face à la globalisation, la culture répond métissage

113, groupe de rap français, parle de son vécu au quotidien, comme la plupart des groupes rap, en Europe et aux Etats-Unis. swissinfo.ch

Les genres se diluent, se mélangent pour mieux défendre les valeurs humanistes. Reflet d´une tendance lourde à travers le prisme du Paléo Festival de Nyon.

La révolution industrielle en cours, baptisée globalisation, poursuit son oeuvre de «destruction créatrice», selon une expression chère aux économistes. Ses méfaits largement commentés dans les médias ont inspiré un front de révolte bien connu depuis les manifestations de Seattle en décembre dernier.

Sans le dire ouvertement, la scène culturelle répond également à cette formidable pression du monde économique. Les festivals musicaux en offrent un excellent exemple, même s’ils participent dans le même temps à l’industrie de l’«entertainment», l’un des secteurs phares de l’économie moderne.

Jeudi à Paléo, les rappeurs de 113, un groupe de la banlieue parisienne, donnait une version agressive et percutante de cette revendication humaniste face à un jeune public tout acquis à sa cause, la main levée de l’écolier en guise de geste de ralliement.

Mais l’heure n’est pourtant pas aux slogans ni aux messages. Le militantisme des années soixante-dix n’est plus de mise. 113 parle de son vécu au quotidien, comme la plupart des groupes rap, en Europe et aux Etats-Unis.

Au-delà des différences musicales, ce vécu plus ou moins poétisé inspire d’ailleurs bon nombre des artistes présents à Paléo, que ce soit le groupe émergent suisse Knut et Silvy, le français Renaud, sans compter les Toulousains de Zebda ou les Cubains de Buena Vista Social Club.

Cette «défense et illustration» d’une culture populaire, de ses attentes et de ses préoccupations ne choisit donc pas l’épreuve frontale face aux élites du jour. Elle tient juste à réaffirmer son existence.

Cette expression identitaire se traduit souvent par le choix d’une musique métissée. La chanteuse israélienne Noa en a proposé sa version, en s’acoquinant sur scène avec le groupe corse I Muvrini.

Mais c’est au coeur même de leur création que la plupart des groupes pratiquent ce mélange des genres. Les Suisses présents à Nyon ne sont pas en reste de cette tendance, que ce soit Stephan Eicher, suisse alémanique jouant de ses origines gitanes et de son goût pour le français, ou le genevois Polar, se lançant dans des expérimentations électro avec le groupe Polatronic.

Mixant les genres musicaux et leurs origines géographiques, nombre de groupes actuels ne refusent donc pas en bloc la globalisation. Ce qu’ils revendiquent implicitement, c’est un processus issu de l’ensemble de la société, et non pas un dogme mondial dicté par les élites économico-financières.

Frédéric Burnand

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