La voix de la Suisse dans le monde depuis 1935
Les meilleures histoires
Démocratie suisse
Les meilleures histoires
Restez en contact avec la Suisse
Podcast

Festival de la Cité: «Retour de la maison des morts» rappelle la Shoah

Auschwitz a profondément inspiré le metteur en scène du spectacle. Keystone

Au milieu de la nuit, samedi, dans le Pré des Druides, au confins du Vieux Lausanne, un spectacle théâtral remémorera la Shoah: «Retour de la maison des morts». Dans lequel s'affrontent culture et barbarie.

Ils se dépouillent de leurs habits au fil de la nuit, dans un silence qui en dit long sur leur destination: la mort. Et comme pour tisser un lien avec ces êtres décharnés (artistes figurants), Jean-Marc Heim apparaît, ici et là, et danse la douleur.

Au loin, sur grand écran, défile une première image: le camp nazi d’Auschwitz. Puis, une deuxième, où le spectateur perçoit ces Juifs en habits de forçats, flanqués d’une étoile jaune sur la poitrine. Plus tard, le zoom de la caméra oblige les regards à s’attarder sur ces corps amoncelés les uns sur les autres, nus comme des vers, dans une fosse commune.

La parole alterne avec la musique d’un quatuor. Deux jeunes lectrices récitent des textes de Jacques Lanzman, Shakespeare ou Dante. Histoire de faire résonner l’enfer sur terre. Celui au travers duquel 6 millions de Juifs ont été exterminés durant la Seconde Guerre mondiale.

«Ce spectacle trouve sa genèse dans un voyage que j’ai fait avec ma fille Garance, 20 ans, dans les camps de la mort à Auschwitz et Birkenau, raconte Jacques Gardel, le metteur en scène. Je me suis alors dit qu’il fallait absolument transmettre nos émotions».

Et Gardel de poursuivre: «la question centrale que pose le spectacle est comment une Allemagne aussi cultivée a-t-elle pu basculer dans une telle barbarie? Comment une Europe aussi évoluée a-t-elle pu fermer les yeux sur de tels actes de folie»?

«Or, paradoxalement, relève Jacques Gardel, la culture a plutôt favorisé le drame de l’humiliation de l’homme par son prochain. Le camp de Buchenwald, dressé près de l’arbre de Goethe, par exemple, en est un symbole. N’oublions pas que les chefs nazis qui ont imaginé la solution finale étaient des gens fort intelligents et très instruits» !

«Aussi, mon but suprême, renchérit l’homme de théâtre de 60 ans, est de prolonger la mémoire de cette barbarie auprès des jeunes de 20-30 ans: ma fille, la vingtaine d’artistes de la pièce et un maximum de spectateurs de la nouvelle génération».

Jacques Gardel y est parvenu avec beaucoup de poésie. Car la réalité serait insoutenable. A l’image de sa fille Garance qui, marchant au devant du camp nazi d’Auschwitz, lors de leur voyage en Pologne, devait confier à son père: «Et ça, ce n’est pas du cinéma» !

Emmanuel Manzi

Les plus appréciés

Les plus discutés

En conformité avec les normes du JTI

Plus: SWI swissinfo.ch certifiée par la Journalism Trust Initiative

Vous pouvez trouver un aperçu des conversations en cours avec nos journalistes ici. Rejoignez-nous !

Si vous souhaitez entamer une conversation sur un sujet abordé dans cet article ou si vous voulez signaler des erreurs factuelles, envoyez-nous un courriel à french@swissinfo.ch.

SWI swissinfo.ch - succursale de la Société suisse de radiodiffusion et télévision

SWI swissinfo.ch - succursale de la Société suisse de radiodiffusion et télévision