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Grandeur et petitesse de l’épingle

Otto Künzli, Allemagne: «Freunde und Vergissmeinnicht Friends and Forgetmenots» Otto Künzli, Munich

A Genève, l'exposition "Mikromégas" réinvente comme bijou la vie de ce délicat objet d'ornementation.

Elles ressemblent à des figurines qui attendent docilement, dans les six «boxes» qui leur servent de vitrines, qu’une main généreuse vienne les animer.

Un instant, on les croirait dotées d’une vie. Tels ces minuscules visages, massés en boule sur une pelote de fils d’acier, qui arborent un sourire en cascade et éclipsent la tristesse de leur voisin, un bédouin solitaire. Un Don Quichotte du désert accompagné de son chameau qui le suit comme une ombre.

Ces figurines sont en fait des épingles. Oui, des épingles de chapeau, de cravate, de veste.

Soit 220 petits bijoux délicats, drôles, sophistiqués, simples, classiques, modernes, fabriqués par des artistes du monde entier, auxquels l’orfèvre suisse, Otto Künzli, a passé commande.

Genèse du projet

L’idée lui en est venue à la suite d’un projet sur le thème des épingles, réalisé avec ses étudiants de l’Académie des arts plastiques de Munich où il enseigne.

L’exposition qui en a résulté a eu un tel succès que Künzli a voulu prolonger l’expérience en invitant des confrères et des artistes de différentes nationalités à travailler sur le même thème.

Mais à la condition que l’objet créé ne dépasse pas quatorze centimètres de haut.

Une procession

Résultat: «une procession d’épingles» visible au Musée de l’horlogerie et de l’émaillerie à Genève.

Sur la foi du programme de l’exposition, l’épingle – contrairement aux colliers, bagues et boucles d’oreille – «est reléguée au tréfonds des mémoires».

D’où le désir de ressusciter ce bijou dont la grandeur passée n’a d’égale que la petitesse exquise d’une ornementation qui se réinvente dans une exposition astucieusement intitulée «Mikromégas».

Entendez «Petit-grand», en référence au célèbre conte de Voltaire. Rien de philosophique, néanmoins, dans la conception de ce projet.

Juste un plaisir artistique où le bijou sert aussi bien la nature (épingles évoquant des fleurs et des arbres) que la culture (épingles représentant des masques de théâtre) ou le fétichisme. Comme cette Tour Eiffel perchée sur une fine tige d’acier.

swissinfo/Ghania Adamo

«Mikriomégas/ jeu d’épingles». Genève, Musée de l’horlogerie et de l’émaillerie. Jusqu’au 13 octobre. Tel: 022/ 418 64 70

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